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Bulletin Quotidien Europe N° 10380
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/social

John Monks à Athènes, appel à un changement de cap immédiat

Bruxelles, 17/05/2011 (Agence Europe) - Lors du premier jour du congrès de la Confédération européenne des syndicats (CES) à Athènes (EUROPE n°10379), les délégués syndicaux de 36 pays ont envoyé un message clair au moyen d'une résolution d'urgence accompagnée d'une lettre aux ministres européens des Finances leur demandant de changer la logique des renflouements financiers, de respecter l'autonomie des partenaires sociaux et leur rappeler que l'Europe n'est pas compétente en matière de salaires.

Dans sa lettre aux ministres des Finances de l'UE, John Monks appelle à un « changement de cap immédiat ». Le secrétaire général de la CES écrit: « L'austérité brutale, tant en termes de finances publiques que de salaires, ne fonctionne pas mais mine au contraire les économies de pays tels que la Grèce, l'Irlande ou la Roumanie. En outre, la crise - qui est d'abord et avant tout un échec du marché financier - est actuellement utilisée comme alibi pour conférer aux responsables politiques européens le pouvoir d'intervenir dans les salaires et les systèmes nationaux de formation des salaires.

Le Congrès de la CES fait d'urgence appel à vous en tant que ministres des Finances participant à la réunion du Conseil Écofin de ce jour pour changer la logique des renflouements financiers en permettant aux pays concernés de sortir de leur endettement.

Lors de la définition du mandat pour le paquet sur la gouvernance économique, la CES vous demande également de respecter l'autonomie des partenaires sociaux tout en tenant compte du fait que l'Europe n'est pas compétente en matière de salaires. La CES et ses affiliées n'accepteront pas l'organisation d'une concurrence salariale par les institutions européennes imposant des objectifs salariaux restrictifs. »

En adoptant à la veille du Conseil Écofin sa résolution d'urgence, le congrès syndical exprime « toute sa solidarité et son soutien aux travailleurs et au mouvement syndical en Grèce et dans les pays qui sont sérieusement éprouvés par les mesures d'austérité ». Il déclare que « les syndicats européens n'accepteraient jamais d'interventions directes sur les salaires, sur l'autonomie des conventions collectives ou sur la formation des systèmes de salaires nationaux ».

Devant la presse lundi, John Monks a renchéri: « Les travailleurs partout en Europe savent qu'il existe une alternative à l'austérité et à la gouvernance économique de la Commission européenne. Nous voulons que les responsables politiques européens décident enfin d'augmenter les taxes des riches, d'émettre des euro-obligations pour soutenir les pays qui connaissent des problèmes de dette souveraine et d'adopter un plan pour l'emploi des jeunes. Une autre exigence majeure des syndicats est l'introduction d'une taxe européenne sur les transactions financières ». À cet égard, a poursuivi le secrétaire général, « nous demandons de ne pas ignorer les dizaines de milliers de réponses en faveur d'une telle taxe reçues suite à la consultation sur la fiscalité du secteur financier ». Et de conclure: « Telles seront les priorités du secrétariat qui dirigera la CES au cours des quatre prochaines années ».

Au cours des interventions de la journée, Bernard Thibault (CGT, France) a critiqué le projet de pacte européen sur le renforcement de la compétitivité des économies de la zone euro, qui prêche pour la modération salariale. « C'est un pacte anti-social », a-t-il affirmé avec force, rapporte l'Agence France Presse. Pour le leader français, les syndicats doivent « réinterroger l'avenir de l'Europe ». Il s'est dit désolé que « la dimension économique et financière l'ait emporté » ainsi que « la tentation du chacun pour soi » qui permet actuellement la montée des mouvements d'extrême droite et la xénophobie dans tout le continent. Et de rappeler que le Royaume-Uni et la Roumanie veulent revoir leurs codes du travail pour alléger les contraintes qui pèsent sur les employeurs, la Pologne veut abaisser les salaires et les pensions, l'âge de départ en retraite est partout en question, les budgets sociaux sont coupés au Portugal et les privatisations encouragées en Grèce. Yannis Panagopoulos (GSEE, Grèce) a noté que « ce qui se passe en Grèce concerne toute l'Europe. Autrement dit, la dette est un cauchemar et en même temps la crise se transforme rapidement en crise de l'emploi ». Graciete Cruz (CGTP, Portugal) a indiqué, toujours selon l'AFP, que son syndicat ne peut « pas accepter des mesures qui imposent une régression économique et sociale en échange d'une aide financière. Les travailleurs paient une crise dont ils ne sont pas responsables ». Et de conclure que le Portugal ne pourra sans doute pas rembourser le prêt au FMI et à l'UE. (G.B.)

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