Bruxelles, 28/04/2011 (Agence Europe) - L'UE ne s'est pas encore fait une opinion sur l'accord surprise conclu le 27 avril entre le Fatah du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le Hamas islamiste sur la formation d'un gouvernement palestinien transitoire - apparemment composé de personnalités indépendantes - jusqu'à des élections présidentielles et législatives qui doivent avoir lieu d'ici un an. « Au nom de l'UE, je suis la décision de former un gouvernement palestinien intérimaire avec un grand intérêt. L'UE a toujours appelé à la paix et à la réconciliation, sous l'autorité du président Abbas, pour mettre fin à la division entre la Cisjordanie et Gaza et pour renforcer la sécurité et la stabilité de toute la région. Nous étudierons les détails de cet accord et discuterons avec nos collègues dans l'UE et dans la région, a commenté Catherine Ashton jeudi 28 avril. Son porte-parole a précisé jeudi après-midi que les consultations avec les partenaires européens et de la région étaient déjà en cours. La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, qui a été surprise par cet accord comme la plupart des autres observateurs, « veut obtenir une idée de ce qui se trouve dans cet accord », a-t-il dit. Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Salam Fayyad, a dit espérer que cet accord conduise à « la réunification de la nation, nécessaire pour permettre à notre peuple de décider de son destin et d'établir un État indépendant sur la totalité des territoires occupés depuis 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale ». Le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a pour sa part salué les efforts de médiation égyptiens en vue de la conclusion de l'accord.
Le S&D salue l'accord. Le groupe socialiste (S&D) au Parlement européen a immédiatement salué l'accord entre les anciens frères ennemis palestiniens et appelé à la reprise des pourparlers de paix israélo-palestiniens. « Nous avons toujours encouragé et soutenu la réconciliation. Cet accord crée la possibilité pour les Palestiniens de mettre fin aux divisions internes, de parler avec une seule voix et de poursuivre sur une voie pacifique en vue d'obtenir un État palestinien », a déclaré le président du groupe S&D, Martin Schulz. Les élections présidentielles et législatives programmées pour 2012 devront être libres et équitables, a-t-il dit. Ensuite, « les souhaits démocratiques des électeurs palestiniens devront être respectés par la communauté internationale », a insisté M. Schulz. L'accord devrait aussi donner une nouvelle impulsion aux efforts visant à établir une « paix juste et durable » entre Israéliens et Palestiniens sur base de la solution à deux États. Le chef de la délégation du PE pour les relations avec le Conseil législatif palestinien, l'Irlandais Proinsias De Rossa, soutient entièrement l'accord et demande que l'UE, dans son ensemble, l'appuie aussi tout de suite.
Réactions négatives en Israël et aux USA. La prudence de Mme Ashton s'explique en grande partie par les réactions très négatives qui sont venues d'Israël et des États-Unis. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a directement dénoncé l'accord et averti Mahmoud Abbas qu'il devrait « choisir entre la paix avec Israël et la paix avec le Hamas ». Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, pour qui « une ligne rouge a été franchie » avec cet accord, a même menacé l'Autorité palestinienne d'un « vaste arsenal de mesures » si elle mettait l'accord en œuvre. Les mesures envisageables vont de la suppression du statut de VIP pour Mahmoud Abbas et Salam Fayyad (le Premier ministre palestinien), « ce qui ne leur permettrait plus de circuler librement » en Cisjordanie, jusqu'au gel des transferts des impôts prélevés par Israël pour le compte de l'Autorité palestinienne, a dit M. Lieberman. Les États-Unis s'inquiètent aussi d'une participation du Hamas, considéré comme un groupe terroriste, à un gouvernement transitoire. Washington demande à « tout gouvernement palestinien » de renoncer à la violence, de respecter les accords conclus et de reconnaître le droit à l'existence d'Israël. (H.B.)