login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10367
Sommaire Publication complète Par article 12 / 32
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/jai

Schengen, plusieurs pays favorables à une révision mais sous conditions

Bruxelles, 28/04/2011 (Agence Europe) - Plusieurs pays ont affiché mercredi 27 avril un soutien aux propositions franco-italiennes visant à renforcer la gouvernance dans l'espace de libre circulation Schengen, formulées dans une lettre commune le 26 avril, mais ont cependant posé quelques conditions à cette révision et exprimé par ailleurs des intérêts divergents vis-à-vis de cette « réforme ».

La Grèce ainsi que Malte se sont ainsi dites ouvertes à une révision des règles de Schengen mais à condition que celle-ci soit synonyme de « meilleur partage entre les 27 des flux migratoires irréguliers », relate ainsi l'AFP. Une révision de Schengen « ne doit pas créer des murs et barrières, mais être un pas vers la solidarité », a dit le vice-Premier ministre maltais, Tonio Borg. « Elle doit réduire le fardeau » qui pèse sur les pays périphériques de l'UE, où affluent les migrants, a-t-il insisté. Une source confirme que Malte est ouverte à cette discussion mais à condition que cela réduise la pression de l'île en termes d'immigration illégale et ne crée pas non plus d'obstacles à la circulation des personnes résidant légalement dans l'espace Schengen. La solidarité de l'UE devra par ailleurs s'exprimer par des mécanismes de relocation des migrants entre les pays membres, ajoute cette source, le seul moyen de répondre à la pression qui s'exerce sur Malte, « le renforcement de Frontex ou l'assistance financière seuls ne pouvant suffire », ajoute cette source.

La Grèce est elle également « ouverte » à cette révision de Schengen « mais il faut que cela aide les pays de la Méditerranée », a dit pour sa part le ministre grec des Affaires étrangères, Dimitris Droutsas, qui rencontrait mercredi M. Borg à Athènes. Les deux hommes ont notamment insisté sur un aspect clef, à savoir la révision du règlement de Dublin 2 qui implique que le pays par lequel arrivent les demandeurs d'asile reste celui qui les prend en charge et traite leurs demandes. Pour M. Borg, ce système va « à l'encontre des intérêts des pays périphériques » et doit être revu.

Cette demande de révision du système Dublin 2 n'est pas nouvelle mais devrait être remise sur la table lors des négociations sur la révision de Schengen. Or, rappelle une source, « une très grande majorité d'États membres ne veulent pas revenir sur Dublin 2 » et si la lettre commune franco-italienne évoque bien l'objectif de parvenir à terme à un régime d'asile commun, elle n'évoque pas ce partage du traitement des demandes d'asile entre les 27.

Pour l'Allemagne, il n'existe pas encore de position officielle, explique une source. Son ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle a affiché mercredi un certain soutien aux propositions franco-italiennes sur Schengen et accueilli positivement une amélioration du système de Schengen mais le ministre a mis néanmoins en garde contre les dangers potentiels de cette réforme pour le principe de la liberté de circulation dans l'UE, indiquant que la « liberté de mouvement en Europe est une telle réussite qu'elle ne devrait pas être renégociée ».

Cette volonté de ne pas toucher à l'acquis Schengen pour les citoyens européens est tout à fait partagée du côté du ministère de l'Intérieur et de la chancelière Angela Merkel, poursuit la source, mais l'Allemagne fait néanmoins partie des pays, notamment aux côtés de la France, favorables à une réflexion sur le renforcement de certaines règles de Schengen, dont le renforcement de la clause de sauvegarde qui pourrait être élargie et permettre le rétablissement temporaire de contrôles aux frontières internes dans de nouvelles circonstances.

Pour une autre source, il y aura d'ailleurs « une position franco-allemande » sur le sujet même « s'il convient d'abord d'attendre les propositions de la Commission du 4 mai ». L'Allemagne en tout cas est « plus proche de Paris que de Rome » sur cette question, indique une source. L'Italie ayant des « intérêts différents » dans cette réflexion sur Schengen. Et il est probable que s'il s'agit de réduire la « responsabilité première des pays chargés de surveiller les frontières communes (pour les autres membres de Schengen), cela créera des difficultés avec le gouvernement allemand ». Mais, à ce stade, l'on s'en remet également aux propositions que formulera la commissaire Cécilia Malmström.

Jusqu'à présent, seule l'Espagne s'est montrée réticente à cette révision des règles Schengen, le ministre de l'Intérieur Alfredo Pérez Rubalcaba ne jugeant pas « nécessaire » une réforme du système qui, a-t-il dit dans la presse espagnole, « fonctionne de manière satisfaisante » et estimant que le « problème migratoire dont soufre actuellement l'Italie peut être réglé à travers des formules plus efficaces ».

La Roumanie, enfin, s'est aussi prononcée indirectement sur le sujet mercredi 27 avril, son président Traian Basescu s'étant dit favorable à un renforcement des règles Schengen en vue de lutter notamment contre l'immigration illégale mais cela « après que la Roumanie et la Bulgarie seront entrées dans l'espace Schengen ». Sur ce point, le président Basescu s'est d'ailleurs dit confiant que son pays, avec la Bulgarie, pourra rejoindre l'espace dès 2011 et c'est, selon lui, à partir de cette intégration que les règles de Schengen devraient être rediscutées. (S.P.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES