Bruxelles, 28/04/2011 (Agence Europe) - Une étude de la Commission européenne révèle qu'un accord commercial avec le Mercosur aurait un impact général négatif sur le secteur agricole européen.
Révélés le 28 avril par l'AFP, les résultats d'une étude conduite par la Commission européenne, qui compare les différentes offres sur la table avant la relance en 2010 des négociations pour un accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay, le Venezuela étant en phase d'adhésion), concluent à un impact général négatif d'un accord pour l'agriculture européenne, en précisant toutefois que son intensité varie considérablement selon les produits agricoles, les régions et les scénarios de libéralisation. « Les effets seront nettement plus prononcés pour certains secteurs agricoles spécifiques, qui ont tendance à se concentrer dans des régions vulnérables à forte spécialisation dans les productions les plus sensibles », précise l'étude qui chiffre, selon les offres, entre 1 milliard et 7 milliards d'euros (0,5 à 3,2%) la baisse du revenu agricole dans l'UE, en particulier en Irlande, au Royaume-Uni, et en France (plus de 5%, près de 5% et près de 3% de recul pour chacun des trois pays dans le pire des cas). La production de bœuf pourrait enregistrer des pertes allant de 250 millions d'euros à près de trois milliards d'euros en 2020 selon les offres étudiées. Le sucre, suivi par les céréales, l'huile d'olive et les fruits enregistreraient des pertes de moindre ampleur, et les prix du riz, du bœuf et du beurre devraient nettement baisser. Près de 33 000 emplois seraient menacés chaque année, et la balance commerciale de l'UE enregistrerait, pour les produits agricoles non transformés, un déficit évalué entre 1,2 milliard et plus de 5 milliards d'euros selon les scénarios. (E.H.)