Bruxelles, 11/04/2011 (Agence Europe) - Aussitôt dit, aussitôt fait. Dès vendredi 8 avril au soir, l'UE a levé une partie des sanctions économiques qui frappaient la Côte d'Ivoire, accédant ainsi à la demande formulée la veille par le président démocratiquement élu Alassane Ouattara (EUROPE n° 10355).
Pour soutenir les autorités légitimes, les ports d'Abidjan et de San Pedro, la Société ivoirienne de raffinage (IRC) et le comité de gestion du commerce du café et du cacao ont été retirés de la liste des entités économiques soumises à un gel des avoirs.
La rapidité de la mesure, adoptée par procédure écrite dans la foulée de son annonce, a surpris tous ceux qui pensaient devoir attendre la réunion des ministres des Affaires étrangères de mardi 12 avril, pour voir formaliser la décision de l'UE. La décision et le règlement seront publiés mardi 12 avril au Journal officiel de l'UE. Les sanctions ciblées imposées au camp Gbagbo et que l'UE avait renforcées mercredi 6 avril sont toujours d'application (EUROPE n°10353).
Mardi, à Luxembourg, le Conseil Affaires étrangères aura une nouvelle discussion et devrait adopter des conclusions sur la situation en Côte d'Ivoire, au lendemain de l'arrestation de Laurent Gbagbo par les forces spéciales françaises.
Une crise qui aurait pu être évitée
Jerzy Buzek, président du Parlement européen, regrette que « le plein transfert du pouvoir à Alassane Ouattara n'ait pu se faire qu'au prix de vies humaines sacrifiées et d'une grave crise humanitaire ». C'est ainsi que M. Buzek a réagi à la nouvelle de l'arrestation de Laurent Gbagbo, lundi 11 avril. « Cette crise aurait pu être évitée si Laurent Gbagbo avait accepté la volonté de son propre peuple telle qu'exprimée au sortir des urnes », a-t-il souligné. Saluant « la volonté d'Alassane Ouattara d'apporter la paix et la justice en Côte d'Ivoire », il a appelé à ce que « tous les responsables de crimes contre les civils soient jugés ». (A.N.)