Bruxelles, 23/03/2011 (Agence Europe) - Après le sommet extraordinaire du 11 mars, les chefs d'État et de gouvernement de l'UE feront ce jeudi soir 24 mars une nouvelle fois le point sur la Libye mais aucune décision ou déclaration fracassante n'est attendue, pour la simple raison que les véritables décisions - militaires - sont en train d'être prises « de l'autre côté de la ville », au siège de l'OTAN, a indiqué un haut diplomate européen mercredi 23 mars. La position des 27 sur la Libye est toujours celle exprimée dans les conclusions du Conseil européen extraordinaire du 11 mars, complétée par les conclusions du Conseil Affaires étrangères du 21 mars, a expliqué le diplomate. « Cette position est claire comme de l'eau de roche et elle reste la position de l'Union ». Les dirigeants n'ont donc aucune intention d'en rajouter aux très franches discordances qui existent entre les 27 sur l'intervention militaire en Libye. Elle est menée par la France et le Royaume-Uni, mais sans le soutien de l'Allemagne et d'une série d'autres pays membres qui préfèrent ne pas participer à l'opération. « Allons-nous résoudre (au sommet) des questions militaires ? Certainement pas », a souligné le diplomate. En revanche, les dirigeants salueront l'adoption, mercredi 23 mars, de nouvelles sanctions européennes qui entreront en vigueur ce jeudi et réaffirmeront la disponibilité de l'UE à fournir, dans le cadre de la politique de défense et de sécurité commune (PSDC), un soutien militaire à des opérations d'assistance humanitaire et de protection civile en Libye sous les auspices de l'ONU, y compris par des moyens maritimes. Catherine Ashton, qui avait été chargée par le Conseil Affaires étrangères de lundi 21 mars de poursuivre la planification sur ce sujet, pourrait déjà fournir certaines idées au Conseil européen ce jeudi. « Les premiers plans devraient être prêts d'ici à jeudi », à temps pour le sommet, a annoncé Mme Ashton mardi 22 mars devant la commission des affaires étrangères du PE.
Voisinage méridional. Il sera aussi question des réflexions en cours en vue de revoir, de fond en comble, les relations avec les pays du voisinage du Sud et de mettre en place un nouveau partenariat avec la région. Au dîner de ce jeudi soir, les chefs d'État et de gouvernement discuteront des orientations données dans les conclusions du Conseil européen du 11 mars. Herman Van Rompuy veut aller vite et souhaite que le Conseil européen s'accorde déjà sur des premières mesures concrètes visant à aider les pays du voisinage méridional à court terme (notamment grâce à une hausse de l'enveloppe de prêts que la BEI peut octroyer aux pays de la région). « Il conviendrait de trouver un accord sur les premières mesures concrètes à prendre pour apporter rapidement une aide aux pays de la région et garantir la mise en œuvre, dans les meilleurs délais, des orientations que nous avons définies le 11 mars », dit-il dans sa lettre d'invitation aux dirigeants.
Lors d'un débat mercredi au Parlement européen, Joseph Daul (PPE) s'est félicité « que des États européens ont pris l'initiative des opérations en Libye pour protéger les civils ». « Nous attendons que le Conseil européen approfondisse les travaux sur le voisinage Sud: il s'agit de mesures pour aider et accompagner », a-t-il dit. Guy Verhofstadt (ADLE) a estimé que « la crise libyenne a démontré le manque d'unité de l'UE, l'exemple le plus criant étant le vote pour la résolution 1973 de trois États membres pendant qu'un quatrième État membre s'est abstenu. C'est contraire au traité ». Selon le traité, les États membres ont l'obligation de se coordonner. « Mme Ashton est le révélateur du manque de stratégie de l'UE », a encore dit M. Verhofstadt. Pour Jan Zahradil (ECR), « le cas de la Libye nous a montré qu'il ne faut pas trop attendre de la PESC ». « Il ya des limites à l'intégration dans ce domaine », a-t-il conclu. (H.B./E.H.)