Bruxelles, 23/03/2011 (Agence Europe) - Les parlements des pays membres de l'OMC soutiennent la conclusion, d'ici fin 2011, d'un accord qui bouclerait les laborieuses négociations du round de Doha, lancé en 2001. Pascal Lamy met de nouveau en garde contre un affaiblissement du système multilatéral.
Réunie les 21 et 22 mars à Genève, la 7ème conférence interparlementaire sur l'OMC a apporté son soutien à la conclusion du round de Doha d'ici la fin de l'année. « Il faut passer à la vitesse supérieure, en alimentant la dynamique enclenchée pour faire aboutir les négociations d'ici à la fin de l'année », souligne une déclaration, adoptée par les 200 représentants parlementaires issus de 67 organes législatifs nationaux et 4 assemblées, dont 15 députés européens emmenés par Stavros Lambrinidis (S&D). « La libéralisation du commerce et le développement durable ne peuvent être envisagés séparément », ajoute le texte, appelant à des efforts supplémentaires pour garantir la cohésion des politiques entre les organes de gouvernance mondiale - OMC, FMI, Banque mondiale, ONU et OIT. En outre, le document invite les pays développés à octroyer à tous les produits des pays les moins avancés (PMA) un accès au marché en franchise de droits et de quotas, sur une « base durable », et presse les économies en développement à un stade avancé à faire de même.
Le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, a mis en garde contre le risque d'un affaiblissement de l'OMC en cas d'échec des négociations multilatérales. « En ces temps troubles, l'OMC doit agir comme un catalyseur de confiance et d'unité à travers la conclusion du round de Doha. Elle doit contribuer à un monde plus stable. Une crise de l'OMC n'est pas ce que l'on attend de membres responsables de la communauté internationale. N'affaiblissons pas l'un des meilleurs exemples d'une coopération internationale qui fonctionne », a averti l'ex-commissaire au Commerce. M. Lamy a rappelé que le round était désormais dans une phase critique, des nouveaux textes de compromis sur l'agriculture et les produits industriels étant attendus pour Pâques. « Nous devons conclure Doha maintenant, pour le gain qu'il apportera à l'économie mondiale, mais aussi pour le vote de confiance qu'il constituera envers le système multilatéral, et pour la confirmation des garanties qu'apporte ce système contre le protectionnisme pendant la crise », a-t-il conclu. (E.H.)