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Bulletin Quotidien Europe N° 10342
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/mercosur

Progrès vers un accord, les pays agricoles sur leur garde

Bruxelles, 22/03/2011 (Agence Europe) - Relancées en mai dernier, les négociations pour un accord d'association entre l'UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), qui inclut un large volet commercial, progressent. Mais les États membres agricoles de l'UE restent sur le qui vive.

La 4ème session de négociations pour un accord UE/Mercosur, du 14 au 18 mars à Bruxelles, a permis des progrès sur plusieurs chapitres - les règles d'origine, les marchés publics, les services et l'investissement, la concurrence, et le règlement des différends, mais les parties ont admis qu'un « travail intense supplémentaire est nécessaire dans tous les domaines de la négociation ». Négociateurs européens et sud-américains vont maintenant préparer des offres améliorées sur l'accès au marché, puis conviendront d'une date pour l'échange des offres. Ils retrouveront du 2 au 6 mai à Asunción puis du 4 au 8 juillet à Bruxelles.

Si la Commission européenne maintient le cap dans les négociations avec le bloc Mercosur, en vue d'un accord qui a désormais peu de chances d'aboutir avant l'été, comme l'eût un temps espéré le commissaire au Commerce Karel De Gucht, le Conseil, où les réserves de certains États membres sont prononcées, reste vigilant. Ainsi, alors que se tenait la 4ème session de négociation la semaine dernière, les Pays-Bas, soutenus par plusieurs États membres - Allemagne, Autriche, Belgique, Finlande, France, Grèce, Irlande, Pologne et Slovénie - ont demandé à l'exécutif européen de faire le point sur les pourparlers UE/Mercosur devant le Conseil Agriculture du 17 mars. Disant accueillir favorablement la reprise des discussions, La Haye a plaidé pour qu'Européens et Sud-Américains parviennent à un accord « ambitieux », mais aussi « durable », en insistant sur « la nécessité d'un accord final qui offre un accès véritablement nouveau au marché pour les producteurs et investisseurs européens et prenne en compte les intérêts à la fois offensifs et défensifs de l'UE, y compris le secteur agricole avec les préoccupations de bien-être animal et de durabilité ». Par la voix de son responsable à l'Agriculture, Dacian Ciolos, la Commission a assuré les États membres que les résultats de l'analyse d'impact des négociations sur l'agriculture, qui est en cours de réalisation, seraient communiqués aux délégations avant qu'une offre d'accès au marché soit mise sur la table par les pays du Mercosur.

L'exécutif européen devra surtout composer avec les réticences de la France et l'Irlande, qui mettent régulièrement en garde les commissaires Ciolos et De Gucht. Réunis le 18 mars à Paris, au lendemain du Conseil Agriculture, les ministres français et irlandais de l'Agriculture, Bruno Le Maire et Simon Coveney ont de nouveau fait part de leur vigilance sur les pourparlers avec le Mercosur. « L'agriculture européenne ne peut pas être la variable d'ajustement des négociations dans un contexte très délicat pour de nombreuses filières agricoles, en particulier la viande bovine. Ce secteur est non seulement d'importance stratégique mais il est également extrêmement efficace, comparé au niveau international, pour lutter contre les effets du changement climatique », ont souligné les deux ministres dans un communiqué conjoint. Le week-end précédent, le chef de l'État français, Nicolas Sarkozy, est allé plus loin, arguant dans les colonnes de l'hebdomadaire brésilien Veja du 12 mars, que la France « [est allée] à la limite de ce [qu'elle peut] accepter, en particulier sur les questions agricoles. Aller plus loin, ce serait mettre en danger la vie de beaucoup de producteurs et d'éleveurs français, mais aussi européens (…) L'UE s'est déjà largement ouverte aux importations agricoles en provenance du Mercosur. Nous sommes même le premier acheteur du Mercosur et de très loin. Si nous restons favorables à un accord, il doit être équilibré, ce qui implique aussi que le Mercosur, de son côté, soit prêt à aller à la rencontre des demandes européennes sur les services et l'industrie », a martelé le président français. (E.H.)

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