Bruxelles, 22/03/2011 (Agence Europe) - Critiqué pour son évaluation jugée trop alarmiste de la crise nucléaire nippone la semaine dernière, Günther Oettinger a indiqué, à l'issue du Conseil Énergie du 21 mars, n'avoir pas voulu créer la panique, précisant qu'il refusait de minimiser l'affaire. « Les événements la semaine dernière ne devaient pas être minimisés, ni exagérés, il fallait voir ce qui se passait. Quand un tel tremblement de terre frappe un pays, lorsque six réacteurs de centrales nucléaires ne sont plus sous contrôle, je ne vois pas en quoi le mot catastrophe ne s'appliquerait pas », a souligné le commissaire à l'Énergie, qui avait, au plus fort de la crise nippone le 15 mars, qualifié d'« apocalypse » la situation au Japon.
M. Oettinger s'était aussi illustré la semaine dernière en prédisant que certains réacteurs en activité dans l'UE pourraient échouer aux tests de résistance à plusieurs types de menace, ce qui lui avait valu d'être accusé de déstabiliser les marchés financiers, et des reproches de la France. « Il n'est nul besoin d'alimenter la psychose », a répété lundi le ministre français de l'Énergie Eric Besson, affirmant n'avoir pas été le seul ministre à déplorer, lors du Conseil Énergie, les propos de M. Oettinger. « Sur la forme comme sur le fond, il y a eu des déclarations qui ont choqué en France et en Europe. Sur la forme, alors que les Japonais étaient et sont toujours en train de se battre avec une détermination qui force le respect, parler d'apocalypse, c'était peut-être à contretemps. Quant au danger de certaines centrales européennes, ce n'est plus la forme qui me perturbe, c'est le fond. Je ne dis pas qu'il a mécaniquement tort, mais à ce moment-là, il faut qu'il dise très vite quelles sont les centrales dangereuses. Je me suis demandé sur quel critère il fondait ses affirmations. Ou alors il a des informations dont nous ne disposons pas », a expliqué M. Besson à l'issue du Conseil. (E.H.)