Bruxelles, 22/03/2011 (Agence Europe) - Le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) a mis en garde lundi 21 mars contre une crise humanitaire et sanitaire sur la petite île italienne de Lampedusa en Sicile, après l'afflux, selon les derniers chiffres livrés par les autorités italiennes, de quelque 15 000 migrants tunisiens et égyptiens depuis le 1er janvier, risquant d'être suivis par des arrivées de Libye, selon AP.
Lampedusa abrite actuellement quelque 4800 Tunisiens, qui ont presque doublé la population de l'île de 5000 habitants, dont le centre de rétention n'a qu'une capacité de 850 places. L'Italie a transféré les migrants vers d'autres centres de rétention, aujourd'hui pleins. Le HCR a averti dans un communiqué que quelque 3000 migrants ont été contraints de dormir dehors, soit près du centre ou sur les quais, sans aucune protection contre la pluie dans des conditions d'hygiène de plus en plus critiques.
Le ministre italien de l'Intérieur Roberto Maroni a lui annoncé lundi que des mesures seraient prises dans les prochains jours pour alléger la pression sur Lampedusa. Il a notamment affirmé qu'il se rendrait à Tunis mercredi pour demander une reprise des accords d'immigration et de contrôles des frontières. L'Italie a renvoyé la grande majorité des 14 918 Tunisiens et Égyptiens arrivés à ses frontières ces dernières semaines à la suite des révoltes populaires dans leur pays, estimant qu'ils ne pouvaient obtenir le statut de réfugié ou demandeur d'asile.
Selon l'AFP, la police portuaire grecque a par ailleurs secouru 113 migrants, des Afghans, et recherchait 3 autres migrants, portés disparus au nord-ouest du pays, lors du naufrage de leur bateau qui faisait route vers l'Italie. (S.P.)