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Bulletin Quotidien Europe N° 10342
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/nuclÉaire

Stress tests, au Conseil européen de décider

Bruxelles, 22/03/2011 (Agence Europe) - Réunis d'urgence lundi 21 mars pour évaluer l'impact de la crise nucléaire au Japon, les ministres européens de l'Énergie ont convenu d'élaborer une méthodologie commune pour tester la résistance des 143 réacteurs nucléaires en activité dans l'UE à différentes menaces. Si tous se sont accordés sur la nécessité du niveau de sûreté le plus élevé possible dans l'UE, les ministres n'ont pas masqué les divergences de vues, sur le dossier nucléaire, entre les 27 États membres, dont 14 seulement ont recours à l'énergie atomique. Au Conseil européen de décider de la suite à donner aux stress tests.

Lundi, les ministres européens de l'Énergie se sont rejoints sur l'essentiel, à savoir la nécessité de garantir les normes les plus élevées dans l'UE en matière de sûreté nucléaire, et d'être le plus transparent possible à l'égard de l'opinion publique, a résumé le ministre hongrois Tamas Fellegi. Confirmant l'accord de principe trouvé le 15 mars entre les États membres, les autorités nationales de sûreté nucléaire et l'industrie, les ministres de l'Énergie ont convenu d'effectuer, d'ici fin 2011, une analyse des risques auxquels pourraient être confrontés les 143 réacteurs atomiques en activité dans l'UE, a assuré le président en exercice du Conseil. Le groupe des régulateurs nationaux pour la sûreté nucléaire (ENSREG) devra définir, avec la Commission européenne, les modalités de ces tests de résistance à la lumière des événements au Japon. Selon M. Fellegi, le Conseil a pris note lundi des différentes caractéristiques à prendre en compte: zones sismiques, inondations, raz-de-marée, âge et conception des réacteurs, systèmes de refroidissement, conception des systèmes d'urgence, générateurs de secours, et l'aspect humain. Il s'agira d'évaluer aussi bien les risques des centrales actuelles que la conception des centrales futures, et l'élaboration des tests s'appuiera sur les travaux des instances internationales, dont ceux des autorités de sûreté nucléaire des pays d'Europe de l'Ouest (WENRA).

Oui mais voilà, lundi, les Vingt-sept ne sont pas parvenus à masquer leurs divisions sur le sujet. Ainsi, quand le ministre français Eric Besson suggère l'adoption de tests sur la base des normes de sécurité de troisième génération adoptées en novembre par le WENRA et qui pourraient reposer sur quatre critères (risque d'inondation, risque sismique, risque lié à la perte de refroidissement et mesures limitant les conséquences d'un accident grave), le commissaire à l'Énergie Günther Oettinger plaide pour l'extension des critères à des risques non envisagés jusqu'ici, comme un crash d'avion, ou des attaques terroristes. Preuve de la cacophonie européenne, le ministre autrichien de l'Économie Reinhold Mitterlehner déplore qu'il n'y ait « pour l'instant pas de ligne unitaire » sur les critères des tests de résistance. Son homologue allemand Rainer Brüderle exige quant à lui que ces tests 'volontaires' deviennent « obligatoires », avouant redouter que tous les États membres ne soient pas aussi stricts et responsables que l'Allemagne. « Théoriquement, un pays peut décider de ne pas participer. Mais je ne vois pas comment il pourrait le justifier, l'enjeu étant la confiance du grand public », répond M. Fellegi. Déplorant que des centrales soient construites en Russie et au Bélarus « en violation de toutes les normes internationales », le chef de la diplomatie lituanienne Andronius Azubalis insiste quant à lui pour que les stress tests ne soient pas limités à l'UE. Si M. Oettinger veut que les tests incluent la Turquie, l'Ukraine et la Suisse, la chancelière helvète Doris Leuthard a toutefois décidé vendredi que les cinq centrales nucléaires suisses ne participeraient pas à ces tests. Reste aussi la question du sort réservé à un réacteur qui échouerait au test. La sûreté nucléaire relevant de la souveraineté nationale, M. Fellegi a reconnu lundi « [ne pas avoir] de réponse spécifique technique à cette question ». (E.H.)

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