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Bulletin Quotidien Europe N° 10338
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/mÉditerranÉe

Navigation sans cap et visibilité limitée pour l'UpM

Bruxelles, 16/03/2011 (Agence Europe) - La France et l'Égypte, co-présidentes de l'Union pour la Méditerranée (UpM), ont souhaité que leur mandat ne soit pas renouvelé à son terme. Or, son échéance est inconnue et, logiquement, la relève devrait avoir lieu lors d'un sommet, mais le report des deux rencontres - avortées - des chefs d'État, en juin et en novembre derniers ne l'avait pas permis. Le contexte proche-oriental et la désaffection visible des pays de la rive sud vis-à-vis de l'UpM rendent improbable la tenue à bref délai d'un sommet, en y ajoutant la situation en ébullition dans la plupart des pays partenaires. À moins qu'une procédure d'exception ne soit décidée et, dans cette perspective, l'Espagne serait disposée à prendre - temporairement - la relève de la France en estimant que ce poste revient à la diplomatie commune européenne en vertu du Traité de Lisbonne. Position que récusait juqu'à présent la France.

On observe toutefois que Mme Ashton, saisie d'un plan de structuration de l'UpM basé sur trois scénarios (une UpM totalement autonome par rapport aux institutions, une UpM totalement intégrée ou une formule mixte, comme celle actuellement admise selon un consensus par défaut d'opposition) tarde encore à répondre. Nul, hors de son cabinet, ne sait quel intérêt elle accorderait à la politique méditerranéenne, assure-t-on à divers « étages » de la hiérarchie au sein des institutions. La gestion de ce dossier fait partie, selon nos sources, dignes de foi, des griefs qui s'accumulent à charge de la chef de la diplomatie européenne dont « l'apprentissage » serait lent et trop long par rapport aux urgences du moment. La réunion des hauts fonctionnaires en charge du dialogue euroméditerranéen, mardi à Bruxelles, n'a pas permis d'en savoir davantage sur ses intentions.

Les discussions, selon nos sources, n'ont pas apporté d'éclairage nouveau sur le devenir de l'UpM, désormais sans secrétaire général (c'est le vice-président italien, qui a la charge d'assurer un intérim dont la durée risque de se prolonger d'autant qu'aucun parmi les pays sud-méditerranéens ne semble séduit par l'idée de présenter un successeur au Jordanien Massa'deh, comme nul ne semble disposé à se proposer pour assurer la co-présidence côté sud. La Turquie pourrait y prétendre au risque de « brouiller » son image de pays candidat et virtuellement futur membre de l'UE).

Dotée d'un budget de 6 millions d 'euros, la structure commune, - le secrétariat général - basée à Barcelone, est censée mettre à l'étude une série de projets classés prioritaires mais l'absence de cap politique, l'improbable mobilisation de fonds et le désengagement français, perceptible depuis l'annulation du sommet, confèrent à ses équipes une visibilité limitée.

La réunion de mardi à Bruxelles a été finalement focalisée sur la question israélienne et les pays arabes ont fait assaut de critiques contre l'UE pour tous les avantages concédés au cours de la récente session (février) du Conseil d'association UE/Israël assurant un « rehaussement » de fait de la relation avec ce pays alors que, politiquement, les 27 le conditionnaient à des progrès dans le processus de paix. (F.B.)

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