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Bulletin Quotidien Europe N° 10338
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/climat

7 ministres plébiscitent une réduction de 30% des émissions en 2020

Bruxelles, 16/03/2011 (Agence Europe) - Le Conseil Environnement a plutôt bien accueilli, lundi 14 mars à Bruxelles, la feuille de route vers une économie sobre en carbone adoptée le 8 mars par la Commission et qui a été présentée par Connie Hedegaard, commissaire à l'Action pour le climat (EUROPE n° 10331).

Les ministres de sept États membres (Allemagne, Danemark, Espagne, Grèce, Portugal, Suède et Royaume-Uni) ont toutefois appelé l'Union européenne à rehausser collectivement son niveau d'ambition pour la réduction des émissions à l'horizon 2020. Plutôt qu'une réduction de 20% (par rapport à 1990), c'est 30 % que doit dès à présent viser l'UE, estiment ces pays, pour parvenir à l'objectif de 80% à l'horizon 2050, sur lequel repose la feuille de route. « 80%, c'est l'objectif pour une économie à faible teneur en carbone, pas pour une économie sans carbone », a précisé Connie Hedegaard à la presse.

Rappelons que la feuille de route établit à 25% à l'horizon 2020 l'objectif de réduction des émissions rentable pour l'UE si tant est que les États membres respectent leur objectif d'efficacité énergétique (20% à l'horizon 2020) et permettent ainsi d'ajouter 5% à l'objectif unilatéral souscrit par l'UE dans les négociations climatiques internationales.

« La feuille de route de la Commission met clairement en avant que l'engagement actuel pour une réduction de 20% n'est pas un moyen efficace pour arriver à l'objectif final pour 2050. Nous croyons qu'il est vital d'appliquer aujourd'hui et non dans quarante ans, un plan faisant avancer les investissements nécessaires », ont précisé les sept ministres de l'Environnement dans un courrier conjoint. Ils font valoir qu' « un plan ambitieux protégera davantage notre continent des fluctuations des prix du pétrole et réduira sa dépendance » à l'égard des importations d'énergies fossiles.

Le WWF s'est aussitôt réjoui « de voir que certains de nos politiciens fassent preuve de leadership quand c'est nécessaire et que ces ministres aient compris l'évidence des avantages économiques et environnementaux d'une réduction de l'utilisation des combustibles fossiles par l'UE ».

La réduction de 30% des émissions à l'horizon 2020, conditionnée à des efforts comparables de la part des autres parties aux négociations, et en particulier les pays industrialisés et les grandes économies émergentes, est toujours sur la table. Mais l'UE considère que les conditions d'un passage de 20% à 30 % ne sont toujours par réunies.

L'appel des sept ministres de l'Environnement coïncide avec la publication par la Chine d'un nouveau plan quinquennal d'investissements dans les énergies propres et les infrastructures (voir autre nouvelle) qui laissera l'UE loin derrière, fait observer le WWF. « L'UE ne peut pas se permettre d'attendre les autres pour agir contre le changement climatique, parce que les autres sont déjà là. Si l'Europe veut un siège à la table de l'économie future, on ferait bien d'avancer notre chaise plutôt que de nous cacher dans un coin », ironise l'ONG. Le WWF rappelle que c'est à une réduction de 40% des émissions à l'horizon 2020 que les scientifiques du GIEC appellent les pays industrialisés de la planète. (A.N.)

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