Bruxelles, 16/03/2011 (Agence Europe) - Les députés de la commission parlementaire des affaires économiques et monétaires ont auditionné, mercredi 16 mars, le Belge Peter Praet, choisi par le Conseil ÉCOFIN pour remplacer l'Autrichienne Gertrude Tumpel-Gugerell au directoire de la Banque centrale européenne. S'inscrivant dans la droite ligne de la position de la Banque de Francfort, il a prôné pour l'UE « un saut qualitatif » en matière de gouvernance économique et la mise au point d'un calendrier adéquat pour l'abandon des mesures extraordinaires que la BCE applique depuis le déclenchement de la crise de la dette.
« La jambe économique de l'Union économique et monétaire est trop faible », a estimé M. Praet. Selon lui, les États membres doivent « de manière urgente » consolider leurs finances publiques et poursuivre les réformes structurelles. Mardi, le président de la BCE Jean-Claude Trichet avait estimé que l'accord politique du Conseil sur le paquet législatif « gouvernance économique » n'allait pas assez loin dans le sens d'une plus grande rigueur budgétaire (voir autre nouvelle et EUROPE n°10337).
ESM. La création mi-2013 du Mécanisme européen de stabilité permettra à la BCE de « se recentrer » sur la politique monétaire et la stabilité des prix. La Banque de Francfort sera ainsi en mesure d'abandonner progressivement ses mesures non conventionnelles en place depuis 2010, telles que le rachat de dette souveraine aux pays de la zone euro en difficulté. L'ESM devrait donc être doté d'« un vaste éventail » de compétences, a estimé le haut dirigeant de la Banque nationale de Belgique. Le sommet de l'Eurozone a décidé que l'ESM pourra acheter, sous conditions, des obligations souveraines directement au pays émetteur (marché primaire) mais pas aux acteurs financiers qui en détiennent déjà (marché secondaire) (EUROPE n°10335).
Enfin, M. Praet a souhaité « plus de transparence » sur les marchés de contrats de couverture contre le risque de défaut d'un émetteur de dette souveraine (CDS souverains). Mais il n'est « pas convaincu » de la nécessité d'interdire ce type de produits dérivés. (M.B.)