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Bulletin Quotidien Europe N° 10338
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/nuclÉaire

Crise nippone, le Parlement s'interroge sur la sûreté

Bruxelles, 16/03/2011 (Agence Europe) - Les leçons de la crise nucléaire nippone, la sûreté des installations en Europe et l'avenir du bouquet énergétique de l'UE ont été au cœur d'un échange de vues mardi 15 mars entre Günther Oettinger et les membres de la commission « énergie » du Parlement européen, présidée par l'Allemand Herbert Reul (PPE). Le commissaire à l'Énergie avait auparavant enregistré, lors d'une réunion de coordination, un accord de principe entre les États membres, les autorités nationales de sûreté nucléaire et l'industrie, sur l'idée de soumettre les installations nucléaires de l'UE à des tests de résistance (stress tests) à toutes sortes de menaces, allant des risques sismiques aux attentats terroristes en passant par les raz-de-marée, les inondations et les pannes d'électricité géante (black-out). M. Oettinger a confirmé aux eurodéputés que ses services vont préparer, d'ici juin, les critères d'évaluation applicables à l'UE, en vue d'appliquer des tests de résistance à toutes les centrales dans l'UE d'ici la fin de l'année. Un éventail complet de scénarios de crise sera également proposé aux pays partenaires voisins, la Suisse, la Turquie et la Russie.

Si l'Espagnol Alejo Vidal Quadras (PPE), le Britannique Giles Chichester (ECR) et la Hongroise Edit Herczog (S&D), chefs de file pro-nucléaire au Parlement, ont estimé que l'Europe ne devait pas céder à la panique et connaître les raisons exactes de la catastrophe nippone avant toute modification des décisions à long terme concernant son avenir énergétique, l'Allemande Rebecca Harms (Verts/ALE), son compatriote Matthias Groote (S&D) et la Britannique Fiona Hall (ADLE), s'inquiétant de la quasi-impossibilité de stopper la fusion nucléaire dans un réacteur, ont insisté pour que les scénarios de crise, portant sur la résistance des systèmes de refroidissement et la sécurisation du stockage des combustibles usagés, souvent conservés sur les sites eux-mêmes, soient le plus complets possible. Les Allemands Angelika Niebler (PPE) et Jorgo Chatzimarkakis (ADLE) ont plaidé pour une harmonisation accrue des futures normes de sécurité, incluant la responsabilité partagée, et demandé d'accélérer la recherche de sources d'énergie de substitution. La Suédoise Lena Ek (ADLE) s'est pour sa part interrogée sur l'impact de la crise nippone pour l'avenir du bouquet énergétique dans l'UE. Dans un entretien pour une radio allemande plus tôt dans la journée, le commissaire Oettinger avait surpris en appelant à « étudier la question de savoir si l'UE peut couvrir ses besoins énergétiques sans le nucléaire dans un futur prévisible ». Respectant le principe de subsidiarité qui laisse aux États membres le choix souverain du bouquet énergétique, et donc de recourir ou non à l'atome, la Commission européenne a toujours montré la plus grande réserve sur le dossier nucléaire, le chef de l'exécutif européen José Manuel Barroso disant avoir une position « agnostique » sur cette question.

Dans l'attente d'un débat plus large, M. Oettinger a promis de présenter au Parlement les critères élaborés pour les tests de sûreté dès qu'ils seront prêts. Un avant-projet est attendu après Pâques. Les scénarios tiendront compte de l'âge, du type de construction et du lieu d'implantation des centrales. Le commissaire a en outre souligné que toute décision relative à la fermeture anticipée d'installations nucléaires ou à un moratoire sur la construction de nouvelles centrales revenait aux autorités nationales et à l'opinion publique. M. Oettinger a aussi appelé à la prudence, pour ne pas tirer de conclusions à la hâte avant de connaître en détail les données de la catastrophe nippone. (E.H.)

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