Bruxelles, 16/03/2011 (Agence Europe) - Alors que l'Italie est actuellement sous les feux de l'actualité par le nombre de migrants en provenance d'Afrique du Nord qui sont arrivés sur ses côtes depuis la mi-février, le Conseil de l'Europe organisait mercredi 16 mars à Bruxelles une audition sur les politiques européennes en matière d'immigration et d'asile, sondant l'état de santé de ces politiques depuis le programme de Stockholm. Un état de santé que sont venus notamment commenter des représentants du PE, de la Commission ainsi que des experts, comme ceux du Bureau européen d'asile.
La veille, le Conseil de l'Europe avait aussi présenté au comité des ministres, à Strasbourg, ses lignes directrices en ce qui concerne l'accueil et la prise en charge des migrants en Europe dans des situations telles qu'en connaissent aujourd'hui l'Italie ou encore Malte, s'inquiétant des bouleversements politiques. Des lignes directrices qui posent notamment des principes de respect des standards des droits de l'Homme, les États membres étant appelés à respecter tant les dispositions de la Convention européenne des droits de l'homme que la Charte des droits fondamentaux. Ces lignes directrices consistent aussi à mettre en place des plans d'urgence en cas d'afflux massifs de migrants veillant par exemple à ce que les procédures de demandes d'asile et de décision soient « conformes », que les moyens humains nécessaires à la prise en charge des personnes et l'identification de leur statut soient en nombre suffisant et à ce que les États coopèrent davantage entre eux dans ces situations.
La solidarité, ou l'absence de solidarité, en matière de prise en charge des demandeurs d'asile et des migrants, c'est en partie ce qu'ont mis en avant les députés Claude Moares (S&D) et Cecilia Wikström (ADLE), déplorant par exemple le retard du Conseil sur le « paquet asile » de la Commission et le refus des États membres de concrétiser certaines propositions, comme un mécanisme de suspension temporaire des transferts de demandeurs d'asile de pays à pays. L'approche retenue en ce qui concerne les travailleurs migrants, restrictive et pas suffisamment égalitaire, a elle aussi été critiquée, M. Moraes faisant notamment allusion aux différents textes sur le permis unique, les travailleurs saisonniers ou encore les travailleurs ICT et déplorant le fait que le Conseil ait
« fragmenté tous les dossiers », rendant ainsi plus difficiles la mise en œuvre d'une vrai modèle européen en terme d'accueil et de droits des migrants. (S.P.)