Bruxelles, 10/03/2011 (Agence Europe) - La France a relevé les « efforts » de la Bulgarie pour rejoindre l'espace Schengen, mais lui a demandé de les « amplifier », a indiqué mercredi 9 mars le ministère français des Affaires étrangères, à l'issue d'un entretien entre Alain Juppé et son homologue bulgare, Nikolaï Mladenov, indique l'AFP. « Comme plusieurs partenaires européens, la France considère que la Bulgarie a vocation à rejoindre l'espace Schengen lorsque les conditions de cette adhésion seront remplies », a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero. « Les efforts entrepris par la Bulgarie méritent d'être soulignés et bien sûr amplifiés », a-t-il souligné, à l'issue de ce premier entretien. Plusieurs pays, dont la France et l'Allemagne, sont opposés à l'adhésion prochaine de la Bulgarie à l'espace Schengen en raison des résultats insuffisants, selon eux, dans la lutte contre la criminalité organisée, la surveillance de ses frontières et la corruption. « Il s'agit aujourd'hui de répondre de façon sereine et transparente au sein du Conseil européen à cette situation inédite, où il faut prendre en compte les insuffisances relevées par le mécanisme de coopération et de vérification de la Commission », a-t-il observé.
Mercredi 9 mars, un rapport a également été présenté à Sofia, relate l'AFP, relatif aux mesures de lutte contre le blanchiment d'argent en Bulgarie qui ont permis à l'État de saisir en 2010 des fonds et biens immobiliers issus d'activités criminelles pour une valeur de 22,8 millions de leva (11,6 millions d'euros). Selon ce rapport, depuis l'entrée en vigueur en 2006 de la loi sur le blanchiment d'argent, 103 personnes ont été condamnées dont 46 avec sursis, selon ce rapport rédigé par l'institut bulgare Risk monitor, spécialisé dans l'étude de la criminalité. La Bulgarie compte poursuivre sur sa lancée avec l'élaboration d'une stratégie nationale sur la lutte contre le blanchiment d'argent, discutée mercredi au siège du gouvernement. Élaboré par l'agence de sécurité nationale, le parquet et l'institut Risk Monitor, ce projet prévoit notamment la publication à l'intention des milieux d'affaires d'une liste de personnes et d'entreprises condamnées pour blanchiment d'argent. Les auteurs de la stratégie estiment le chiffre d'affaires annuel de la criminalité organisée à plus d'un milliard de leva (plus de 500 millions d'euros). (S.P.)