Bruxelles, 10/03/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen a demandé, mercredi 9 mars, que la Commission européenne formule, dès que possible, une stratégie européenne pour la région atlantique qui soit une stratégie intégrée traitant des questions maritimes et terrestres. Dans une résolution sur ce thème (adoptée avec 589 voix pour, 26 voix contre et 54 abstentions), le PE invite la Commission européenne à élaborer un plan d'action pour valoriser les deux piliers du développement des territoires atlantiques: la politique maritime et la politique régionale. Le PE estime notamment que cette stratégie devrait être intégrée à l'objectif de la politique de cohésion portant sur la coopération territoriale (objectif 3). Les députés insistent sur le fait que l'élaboration de cette stratégie devrait aller « de la base au sommet, en partant des autorités locales et en impliquant toutes les parties » et viserait « à dépenser mieux l'argent de l'Union, non à en dépenser plus ».
Les députés souhaitent que cette stratégie traite des questions suivantes d'intérêt commun: énergies marines, environnement et changement climatique, y compris la prévention de la pollution marine par les bateaux et la lutte contre ses effets, transport et accès, sûreté, sécurité et surveillance, recherche, innovation, industries de la création, culture, loisirs et tourisme, services et formation dans le domaine maritime, pêche, aquaculture et filière des produits de la mer.
Les parlementaires plaident pour que cette stratégie s'ouvre à toutes les régions de l'Union avec un littoral atlantique, y compris les régions ultrapériphériques des archipels constituant la Macaronésie. Le PE estime aussi qu'il faudra, par cette stratégie, développer le cabotage et les autoroutes de la mer. Il rappelle que la dimension maritime est prioritaire dans cette stratégie, notamment grâce à l'approche par bassin.
La Commission est invitée à promouvoir et soutenir la planification et la mise en place de routes maritimes dans la région atlantique, comme la liaison Gijón-Nantes, « ce qui est une manière nouvelle d'améliorer et de diversifier les réseaux transeuropéens de transport, d'influer sur les relations commerciales internationales, de stimuler l'activité économique des ports et de renforcer le tourisme, ainsi que de contribuer à la réduction des émissions de CO2 ».
En outre, le PE insiste sur la nécessité d'associer à la conception et à la mise en œuvre de la stratégie les pouvoirs publics régionaux et locaux, les États membres, l'Union européenne elle-même, les acteurs du secteur privé et les organisations de la société civile (dont les réseaux interrégionaux et autres organisations intéressées).
Il pense que le groupement européen de coopération territoriale (GECT) pourrait être un outil intéressant pour faciliter la coopération dans le cadre d'une stratégie européenne pour la région atlantique.
Le PE estime que cette stratégie devrait être mise en œuvre à partir de 2014 et coordonnée avec le prochain cadre financier pluriannuel (qui commencera en 2014) et qu'elle devrait aller de pair avec un plan d'action défini au niveau européen et contenant une liste de projets structurants.
Il est d'avis que les dimensions intérieure et extérieure de cette stratégie supposeront « la mise en œuvre d'une allocation atlantique de la part des Fonds européens actuels, qui obéisse à des priorités partagées ». (L.C.)