Strasbourg, 10/03/2011 (Agence Europe) - Pendant que, le jour même, les Six (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et l'Allemagne) appelaient Téhéran à coopérer pleinement avec l'AIEA sur son programme nucléaire controversé, le Parlement européen a exhorté l'UE, jeudi 10 mars, à envisager de nouvelles sanctions contre l'Iran, portant à la fois sur son programme atomique et sur les violations répétées des droits de l'Homme dans le pays depuis l'élection présidentielle controversée de 2009.
Dans une résolution adoptée jeudi sur la base du rapport du Néerlandais Bastiaan Belder (EFD), le Parlement plaide en faveur d'une stratégie à l'égard de l'Iran qui va au-delà du programme nucléaire, en abordant la situation déplorable des droits de l'Homme dans le pays et son rôle déstabilisateur pour la sécurité régionale au Moyen-Orient. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE sont invités à envisager des sanctions visant les fonctionnaires iraniens responsables des violations des droits de l'Homme observées depuis 2009, dans l'esprit de mesures similaires adoptées en septembre par les États-Unis. En outre, compte tenu du refus constant de l'Iran de coopérer avec l'AIEA, le Parlement plaide pour des sanctions supplémentaires contre Téhéran. Enfin, déplorant que le nombre d'exécutions en Iran en 2009 a été le plus élevé au monde, et le plus élevé ces dix dernières années dans la république islamique, le Parlement fustige le refus des autorités iraniennes d'admettre le malaise social, le mécontentement populaire et les aspirations croissantes de la population au changement démocratique. Il se dit aussi inquiet devant le rôle sans cesse croissant des Gardiens de la révolution islamique dans les différentes sphères de la société iranienne, qui fait craindre une militarisation accrue de l'État, laquelle pourrait engendrer une escalade de la violence et de l'oppression de l'opposition politique. (E.H.)