Bruxelles, 10/03/2011 (Agence Europe) - Les éleveurs européens se trouvent dans une situation très difficile, ils sont pris en étau entre des prix des intrants très élevés et des prix bas sur le marché de la viande, s'alarme le COPA-COGECA, dans un communiqué publié mercredi 9 mars. Il demande à la Commission européenne de garantir un meilleur fonctionnement de la chaîne alimentaire. Le marché est de plus en plus volatil et les coûts des intrants (engrais, carburants et aliments des animaux) payés par les producteurs ont fortement augmenté récemment, atteignant des niveaux « insoutenables », rappellent les organisations agricoles. En outre, les importations de pays tiers sont en hausse, ne sont pas soumises aux mêmes coûts de production et ne sont pas tenues de respecter les mêmes normes élevées en matière de sûreté des aliments, de bien-être animal ou d'environnement. Les coûts de production dans le secteur de la viande bovine au Brésil (81 euros/100kg poids vif) ne représentent qu'un tiers de ceux pratiqués en Italie (233 euros/100 kg poids vif). En France, ces coûts atteignent 221 euros/100 kg poids vif alors qu'en Argentine ils ne sont que de 73 euros/100kg.
En revanche, le prix que le producteur reçoit pour son produit n'a pas augmenté au même rythme et ne couvre parfois même pas les coûts de production.
Un accord UE-Mercosur ne détruira pas la filière européenne du bœuf, selon la Commission. Mardi 8 mars, un porte-parole de la Commission européenne a jugé exagéré d'affirmer, comme l'a fait le COPA-COGECA, qu'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur détruirait la filière européenne du bœuf.
À quelques jours d'un nouveau cycle de négociations à Bruxelles avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay et Venezuela en phase d'adhésion), certains éleveurs européens redoutent les conséquences d'un tel accord sur les ventes de bœuf, un des produits phares du Mercosur. Tout en reconnaissant que certaines des normes environnementales et de bien-être animal étaient plus élevées dans l'UE que dans le Mercosur, M. Clancy a argumenté qu' « au lieu d'interdire entièrement les importations en provenance de régions dotées de normes différentes, nous devrions augmenter l'information des consommateurs sur ces différences ». « La politique agricole commune européenne est là pour soutenir les agriculteurs européens et couvrir les coûts plus élevés auxquels ils font face, qui sont aussi dus au niveau élevé des normes », a-t-il ajouté. Relancées en mai 2010, les négociations avec le Mercosur vont reprendre du 14 au 18 mars à Bruxelles. Un nouveau cycle est prévu du 2 au 6 mai au Paraguay. (L.C.)