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Bulletin Quotidien Europe N° 10333
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/transport

Cendres volcaniques, il faut des mesures concrètes

Bruxelles, 10/03/2011 (Agence Europe) - L'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) est en train de mettre au point les normes européennes pour la navigabilité et l'évaluation des risques pour les avions opérant dans un espace aérien contaminé par les cendres volcaniques, a annoncé jeudi 10 mars au Parlement européen le commissaire à la politique régionale Johannes Hahn. Intervenant au cours d'un débat sur la crise des cendres volcaniques d'avril dernier (EUROPE n° 10122), M. Hahn a ajouté que « d'ici avril » la Commission espère finaliser les travaux sur l'extension des compétences de l'EASA à la certification de la sécurité de la gestion du trafic aérien. Le débat a eu lieu à la demande des députés (groupes PPE, ADLE, S&D et ECR) aux yeux desquels la Commission est trop lente dans la mise en œuvre de l'approche adoptée l'an dernier visant à prévenir la reproduction des perturbations du trafic aérien due à des éruptions volcaniques.

D'un point de vue opérationnel, c'est « la compagnie aérienne qui est responsable de la sécurité de ses opérations », a précisé M. Hahn en présentant les principes qui guident l'approche européenne. Avant de survoler une zone touchée par les cendres, l'opérateur devrait préparer et faire accepter par les autorités de supervision une évaluation des risques pesant sur l'avion qui entend la traverser. Ce processus devrait être reproduit lors de chaque changement important de la situation, a précisé M. Hahn. En outre, l'opérateur devrait: - montrer que les sources d'information qu'il utilise pour l'évaluation des risques sont correctes ; - démontrer ses propres compétences pour l'interprétation correcte de ces données ; - obtenir du fabricant de l'avion l'information spécifique sur la sensibilité de l'appareil aux particules volcaniques et l'inclure dans l'évaluation des risques, a précisé au nom de la Commission M. Hahn. Un « élément clef » de cette approche serait une prise de décision « collaborative » entre les États membres et l'industrie, a-t-il indiqué, en rappelant que pour se rapprocher de cet objectif, la Commission a mis en place une cellule européenne de coordination en cas de crises (EUROPE n° 10145). Cet organisme « s'est déjà réuni à plusieurs reprises » et il jouera un rôle majeur dans l'exercice de gestion des cendres volcaniques qui sera organisé « les 13 et 14 avril sous les auspices de l'OACI » (Organisation internationale de l'aviation civile de l'ONU), a précisé le commissaire. Il a aussi insisté sur une mise en œuvre adéquate du 'Ciel unique européen' qui vise à moderniser et harmoniser la gestion du trafic aérien en Europe, tout en soulignant qu'aux yeux de la Commission, les mesures prises en vue de faciliter les opérations aux compagnies aériennes en cas d'éruption volcanique ne doivent pas « diminuer la sécurité » des vols.

En demandant à la Commission quelles avancées ont été faites pour mettre en place les mesures qui garantissent que des crises semblables ne se reproduisent à l'avenir, les députés européens insistent en particulier sur l'amélioration des moyens techniques permettant de prévoir l'évolution des nuages de cendres et la formation adéquate des acteurs impliqués. Selon Marian-Jean Marinescu (PPE, roumain), l'Europe doit assurer un meilleur « suivi » en investissant davantage « dans l'équipement terrestre et aérien » et en s'assurant que les prévisions météorologiques fournissent les « données fiables et en temps réel ». Brian Simpson (S&D, britannique), président de la commission « Transports » du PE, a appelé à la mise en œuvre du plan adopté par les États membres en mai pour gérer les déplacements des nuages volcaniques (EUROPE n°10132). Artur Zasada (PPE, polonais) a insisté sur l'introduction en Europe des systèmes permettant de mesurer l'épaisseur d'un nuage de cendres volcaniques. L'éruption du volcan islandais l'an dernier a provoqué l'annulation de 100 000 vols et des pertes pour le secteur allant jusqu'à 2 milliards d'euros, a-t-il rappelé en appelant la Commission à présenter des solutions concrètes en la matière. Son compatriote Bogdan Marcinkiewicz (PPE) a souligné pour sa part « la nécessité de développer les connexions alternatives à l'aviation », notamment « dans le cadre des liaisons ferroviaires de grande vitesse ». (A.By.)

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