Bruxelles, 22/02/2011 (Agence Europe) - Suite aux discussions menées lors de sa session de janvier, qui n'avait pas permis l'adoption d'une déclaration faute de consensus, le Conseil « Affaires étrangères » du 21 février a finalement adopté en point A (sans débat) des conclusions sur l'intolérance, la discrimination, et la violence fondées sur la religion et la conviction. Les conclusions insistent sur « la protection de la liberté de religion ou de conviction, sans aucune discrimination » et rappellent les conclusions générales qu'il a adoptées à cet égard le 16 novembre 2009.
Le texte ne fait une référence explicite aux persécutions à l'encontre des chrétiens qu'à une seule reprise, et dénonce parallèlement d'autres actes perpétrés à l'encontre de musulmans et de membres d'autres communautés religieuses, ménageant ainsi les susceptibilités des délégations. Rappelons que le 31 janvier, le Conseil n'avait pas pu se mettre d'accord sur une déclaration sur la liberté religieuse, l'Italie (rejointe par la France) estimant le texte trop vague alors que le Royaume-Uni et certains pays nordiques ne voulaient pas de référence spécifique à une communauté religieuse (EUROPE n° 10306). Dans ses conclusions, le Conseil adresse ses condoléances et sa solidarité aux pays concernés par les actes de terrorisme à l'encontre de toutes les communautés religieuses, et « rend hommage » aux pays pour leur détermination à prévenir de tels actes. « La liberté de religion et de conviction est un droit de l'homme universel, qui doit être protégé partout et pour tous », rappelle le Conseil, en rappelant à tous les États leurs devoirs de protéger leurs citoyens, y compris ceux appartenant à des minorités religieuses, pour que ceux-ci puissent pratiquer leur religion et leur culte librement, sans craindre d'être la cible d'attaques. Le Conseil recommande également davantage de fermeté à la communauté internationale, notamment dans sa riposte face aux terroristes qui veulent utiliser la religion comme instrument de division afin d'alimenter l'extrémisme et la violence. Par ailleurs, « l'UE continuera de nouer le dialogue avec les pays partenaires et de proposer sa coopération pour promouvoir la tolérance religieuse et protéger les droits de l'homme » tout en jouant un « rôle plus actif » dans les enceintes multilatérales afin que la lutte contre l'intolérance religieuse recueille un soutien vigoureux provenant de toutes les régions. En conclusion, le Conseil invite la Haute représentante Catherine Ashton à rendre compte des mesures prises et à formuler des propositions concrètes faites pour renforcer encore l'action de l'UE en la matière.
« La persécution des chrétiens reçoit enfin une légitime attention », déclare la Comece. Dans un communiqué, la Commission des Épiscopats de la Communauté européenne (COMECE) estime que les conclusions adoptées par le Conseil sont « un pas dans la bonne direction ». L'alliance du bon sens et de la volonté politique l'auront emporté afin de permettre une prise de position forte, se réjouit-elle, en soulignant la « nécessité impérieuse » de réagir « pour contrecarrer les nombreux actes de terrorisme et de sectarisme à l'encontre des chrétiens (…) et leurs lieux de culte, des pèlerins musulmans et d'autres communautés religieuses ». La COMECE estime que le Conseil devrait traduire cette déclaration en action concrète afin de garantir aux chrétiens et autres minorités religieuses le respect des droits et libertés fondamentales et de « mettre fin à de véritables sectarismes, à la guerre des cultures et des religions et à la vague d'épuration religieuse ». La COMECE demande à Lady Ashton une approche institutionnelle permanente afin de protéger la liberté de conscience et de religion à travers le monde. (I.L.)