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Bulletin Quotidien Europe N° 10321
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/bei

« mission accomplie » face à la crise

Bruxelles, 22/02/2011 (Agence Europe) - « Les résultats de la Banque européenne d'investissement (BEI) pour 2010 (…) témoignent d'un retour progressif de la BEI à ses niveaux d'activité d'avant la crise, au fur et à mesure du redressement de l'économie (…). Notre volume de prêts a atteint des records ces trois dernières années pour contribuer à la réalisation du plan européen de relance économique ». S'agissant de ce dernier, c'est « mission accomplie », a estimé Philippe Maystadt en présentant à la presse, mardi 22 février, les résultats pour 2010 de l'institution qu'il préside. M. Maystadt a par ailleurs fait valoir que l'année dernière avait été marquée par « un volume de prêts record » à l'appui de l'action en faveur du climat. Interrogé sur un accroissement éventuel de l'activité de la BEI dans les pays de la rive sud de la Méditerranée secoués par des bouleversements politiques sans précédent, M. Maystadt a affirmé que cet accroissement était souhaitable. Et de préciser qu'en combinant différents éléments, et moyennant l'accord du Conseil et du Parlement européen, la BEI pourrait porter à quelque 6 milliards les prêts à destination de ces pays pour la période courant d'ici à 2013, sachant qu'il ne reste aujourd'hui que 2,8 milliards de disponibles sur l'enveloppe globale de 8,7 milliards allouée à la région pour la période 2007-2013. Évoquant l'avenir, le président de la BEI a indiqué que les priorités de la Banque porteraient sur l'appui à la stratégie « EUROPE 2020 » et qu'elle poursuivrait sa contribution à la lutte contre les changements climatiques.

En 2010, la BEI a prêté un total de 72 milliards d'euros (63 milliards dans l'UE et 9 milliards à l'extérieur de l'UE), pour soutenir quelque 460 projets de grande envergure. Pour Philippe Maystadt, ces chiffres témoignent d'un retour progressif de la Banque à ses niveaux d'activité d'avant la crise, suivant en cela le redressement de l'économie.

En Europe, au cours de ces trois dernières années, la BEI aura fourni, dans le cadre du plan de l'UE pour la relance de l'économie européenne, un effort supplémentaire de 61 milliards d'euros par rapport à son niveau d'activité d'avant crise, soit 11 milliards d'euros de plus que le montant initialement envisagé. Les petites et moyennes entreprises (PME) - qui accèdent difficilement au financement en période de crise économique - et les régions moins favorisées de l'UE ont été les principales bénéficiaires de cet effort exceptionnel. C'est ainsi qu'au cours de ces trois années, les prêts de la Banque ont aidé quelque 160 000 PME et ont servi à financer 430 projets situés dans les régions moins favorisées de l'Europe.

En 2010, l'appui aux régions en retard de développement a absorbé 41% de l'activité de prêt de la Banque. Cette dernière a signé pour 26 milliards d'euros de prêts en faveur des régions relevant de l'objectif de convergence, soit légèrement moins qu'en 2009, mais les décaissements (l'argent réellement versé) ont augmenté de 30%, passant de 18 milliards en 2009 à 23 milliards l'an dernier.

S'agissant des PME, la Banque a signé en 2010 pour près de 10 milliards d'euros (9,972 mrds) de prêts (contre plus de 12,6 milliards en 2009) et les décaissements se sont élevés à 10,010 milliards contre 10,042 en 2009.

L'année dernière, 9 milliards d'euros ont été prêtés par la BEI à l'extérieur de l'UE. Les pays de l'élargissement (3,4 milliards) et les pays de la Méditerranée (2,6 milliards) ont été les principaux bénéficiaires de ces prêts. Interrogé sur les intentions de la BEI face à la situation explosive qui prévaut actuellement dans le monde arabe, Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la Banque, a déclaré: « Nous voulons être présents tout de suite pour financer maintenant les besoins économiques pour que la désespérance qu'il y a dans la région ne cède pas le pas à une conflagration aussi économique et sociale ». Philippe Maystadt a quant à lui rappelé qu'il ne restait plus que 2,8 milliards d'euros à allouer aux pays de la Méditerranée d'ici à 2013. Toutefois, a-t-il expliqué, des possibilités existent pour augmenter cette enveloppe, moyennant l'accord du Parlement européen et du Conseil, nécessaire pour les opérations hors de l'UE. Le président de la BEI a indiqué que le Parlement européen avait demandé, la semaine dernière, de relever d'un milliard d'euros le plafond des prêts que la BEI peut consentir dans cette région d'ici à 2013 ; mais manque encore l'accord du Conseil. Le Parlement et les États membres se sont, par contre, déjà mis d'accord pour permettre à la BEI de financer pour deux milliards supplémentaires de projets destinés à la lutte contre le changement climatique, la part de la Méditerranée devant être « de l'ordre de 700 millions d'euros », a estimé M. Maystadt. La BEI dispose aussi de 1,2 milliard d'euros sur ses moyens propres et elle envisage également d'utiliser des gains réalisés grâce aux investissements qu'elle a faits dans le passé, soit 200 à 300 millions d'euros. Au total, ce sont donc « quelque 6 milliards de financement que nous pourrions apporter à la Méditerranée, et spécialement pour les pays en transition vers la démocratie » afin de « créer des emplois », a indiqué le président de la BEI. Interrogé sur l'adhésion du Parlement et du Conseil à un tel scénario, Philippe Maystadt a répondu qu'il ne s'attendait pas « à ce qu'il y ait des obstacles insurmontables ».

L'action en faveur du climat a constitué une des autres grandes priorités de la BEI en 2010. M. Maystadt a fait valoir que, l'année dernière, « la Banque a établi un nouveau record puisque nos financements pour l'action en faveur du climat représentent désormais 30% de nos prêts dans l'Union, ou encore 29% du total de nos prêts ». C'est sur l'énergie et sur les transports durables que la BEI concentre l'essentiel de ses financements pour la lutte contre les changements climatiques. Ainsi, en 2010, les projets de type RTE (réseaux transeuropéens), qui portent sur les infrastructures de transport et d'énergie, ont été financés dans l'UE à hauteur de 10 milliards d'euros. Les prêts pour les énergies renouvelables dans l'UE et dans les pays candidats sont passés de 4,2 à 5,6 milliards d'euros. Dans le même temps, les financements de projets liés à l'efficacité énergétique ont eux aussi augmenté à hauteur de 10%. En 2010, la BEI a également contribué au financement de projets liés aux énergies renouvelables et à l'efficacité énergétique à l'extérieur de l'UE (800 millions d'euros pour les renouvelables et 600 millions pour l'efficacité énergétique). Ces trois prochaines années, la Banque va par ailleurs sensiblement renforcer son soutien aux projets dans les énergies renouvelables à l'extérieur de l'UE, grâce à l'accroissement de 1,5 milliard d'euros du Mécanisme pour une énergie durable et un approvisionnement énergétique sûr (porté ainsi à 4,5 milliards d'euros). Si l'on y ajoute le mandat de 2 milliards d'euros proposé pour l'action pour le climat (actuellement à l'examen au Parlement européen et au Conseil), la Banque estime se trouver dans une bonne position pour aider l'UE à réaliser, à l'extérieur de l'Europe, ses objectifs de protection du climat à l'échelle mondiale.

Autre priorité: l'économie de la connaissance. En 2010, elle a constitué le quart du portefeuille de prêts dans l'UE. Les prêts en faveur de l'innovation ont atteint 16,5 milliards d'euros au total.

Évoquant l'avenir, M. Maystadt a indiqué que la BEI ferait tout pour contribuer à réaliser la stratégie « EUROPE 2020 », tout en poursuivant les objectifs de l'UE en matière d'action en faveur du climat ainsi que ses objectifs de politique extérieure. La BEI travaillera en outre à la mise au point de nouveaux instruments avec la Commission, afin d'accroître la capacité de prise de risque dans des secteurs prioritaires tels que les infrastructures et les PME. Sur ce point, le président de la BEI a dit que la BEI annoncerait dans les prochains jours « le lancement d'une initiative avec la Commission européenne qui verra la création d'un nouvel instrument financier (les obligations de projet ou project bonds, à ne pas confondre avec les eurobonds) destiné aux promoteurs de projets pour les aider à lever des fonds pour des projets d'infrastructure ».

En 2010, la BEI a enregistré un résultat net de 2,1 milliards d'euros. (O.L.)

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