Bruxelles, 22/02/2011 (Agence Europe) - La future politique agricole commune devra être en mesure de promouvoir un développement territorial équilibré, ont affirmé, lundi 21 février, les ministres européens de l'Agriculture. Le troisième (et dernier) débat sur la communication de novembre 2010 de la Commission sur la réforme de la PAC a porté sur ce thème de l'importance d'un développement territorial équilibré, et notamment de la politique de développement rural, le second pilier de la PAC. Les États membres sont tous à peu près d'accord sur la nécessité de maintenir une politique de développement rural ambitieuse.
Le Conseil est arrivé au bout de son débat sur la communication de novembre de la Commission. Lors du prochain Conseil Agriculture, en mars, la présidence espère que les pays de l'UE parviendront à un « consensus » sur des conclusions sur la réforme de la PAC après 2013, malgré des divergences sur quelques thèmes, comme le verdissement de certaines aides de la PAC. Au second semestre 2011, la Commission présentera des propositions législatives.
Sándor Fazekas, le ministre hongrois, a dit que la nouvelle PAC après 2013 devra « promouvoir le développement d'une nouvelle génération d'agriculteurs et permettre à cette nouvelle génération de travailler et de vivre de leur activité ». Il faudra voir quelles sont les possibilités d'aides aux petites exploitations et quelles sont les mesures pour promouvoir les marchés locaux et la production à petite échelle, a ajouté le président en exercice du Conseil Agriculture. Il a plaidé enfin pour des mesures permettant d'éviter l'exode rural.
Dacian Ciolos, le commissaire à l'Agriculture, a dit que les différents instruments de la politique de développement rural peuvent contribuer à ce que les différentes structures de production puissent assurer leur compétitivité. « La plupart des ministres ont souligné le fait que la politique de développement rural est un élément clé pour un développement équilibré des territoires ruraux, mais que tout ne peut pas être fait par cet instrument de la PAC. Il est nécessaire d'avoir une bonne coordination avec les autres instruments communautaires, notamment les fonds structurels ». La Commission va œuvrer pour justement assurer une meilleure complémentarité de ces différents fonds.
Lors du Conseil, le commissaire a expliqué aux ministres que « l'activité agricole est aux régions rurales ce que les fondations sont à une maison ». La future PAC, dans sa double composante 1er (aides directes et dépenses de marché) et 2ème pilier, devra être en mesure, selon Dacian Ciolos, de promouvoir un développement territorial équilibré: - en soutenant l'activité agricole ; - en incitant et rémunérant les agriculteurs pour la fourniture des biens publics ; - en ouvrant des possibilités de croissance et de diversification pour les agriculteurs, le secteur agro-alimentaire et pour l'économie rurale en générale ; - en recherchant une maximisation de la valeur ajoutée, notamment en favorisant le développement pour certains secteurs de filières courtes, des ventes directes et des marchés locaux ; - en incitant à l'innovation tant technique que sociale (nouvelles formes de coopération, stratégies de développement local, approche LEADER renouvelée…).
Lors du débat, la plupart des ministres européens de l'Agriculture ont souligné que maintenir un développement équilibré des territoires est un objectif majeur de la future PAC. De nombreuses délégations (comme la Belgique, la Suède, la Finlande ou encore l'Espagne) ont noté que la politique de développement rural reste la politique européenne la plus importante dans les zones rurales, mais que cette politique doit être mieux coordonnée avec les autres politiques, comme la politique régionale. L'importance de l'initiative LEADER (qui a pour but d'encourager les initiatives rurales) a été soulignée par plusieurs délégations (dont celles de France, Belgique, Finlande et Espagne).
République tchèque, Italie et Belgique notamment ont souligné l'importance de développer les marchés locaux et les circuits courts. La plupart des ministres ont plaidé pour des mesures en faveur des jeunes agriculteurs. Si certains pays (dits libéraux) comme les Pays-Bas ont dit que c'est la compétitivité et l'innovation qui amènent les jeunes générations à devenir des entrepreneurs agricoles, d'autres pays ont souligné le besoin de prévoir des mesures (amélioration des infrastructures, meilleure visibilité sur l'avenir…) visant à attirer les jeunes vers le secteur agricole.
Petites exploitations. Le commissaire européen a également souligné le rôle important des petites exploitations, dont la compétitivité n'est pas, selon lui, nécessairement liée à l'augmentation de la taille. La Commission préconise aussi un régime de soutien simple et spécifique applicable aux petits exploitants. Les pays se sont montrés assez divisés sur le pilier qui doit financer ces aides (l'Allemagne a évoqué les deux piliers, la France et la Suède plutôt le deuxième, l'Italie plutôt le premier). Quant au Danemark, il a considéré que les petites exploitations ne devaient pas s'habituer aux aides, mais plutôt au marché.
Pour plusieurs États membres, la simplification des règles actuelles doit être une priorité de la prochaine réforme. Même si ce n'était pas le thème du jour, l'Allemagne et l'Italie ont fait montre de leurs inquiétudes sur la proposition sur le verdissement de certaines aides de la PAC, qui risquerait selon ces pays de complexifier le système et conduire à une bureaucratie excessive. (L.C.)