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Bulletin Quotidien Europe N° 10321
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/libye

La question de possibles sanctions divise toujours les Vingt-sept

Bruxelles, 22/02/2011 (Agence Europe) - Les ambassadeurs des États membres au Comité politique et de sécurité (COPS) ont discuté mardi 22 février de la situation en Libye où le régime de Mouammar Kadhafi a encore intensifié ces dernières heures la répression sanglante et meurtrière contre les manifestants. L'Allemagne a soulevé à cette occasion la possibilité d'imposer des sanctions européennes contre le pays et/ou ses dirigeants actuels, mais les 27 semblent toujours divisés sur cette question. Lundi, au Conseil Affaires étrangères, plusieurs pays (Finlande, Allemagne, Luxembourg notamment) avaient déjà plaidé pour des mesures restrictives mais d'autres pays - Italie et Malte notamment - avaient défendu une approche plus prudente par crainte d'un afflux de réfugiés et d'immigrants clandestins vers leurs côtes en cas d'effondrement de l'État libyen. Le débat sur ce sujet devrait être poursuivi dans les prochains jours.

L'ambassadeur prend ses distances. Déplorant le massacre dans son pays, Hadi Hadeiba, ambassadeur de Libye auprès de l'UE, nous a indiqué mardi sa totale condamnation et son indignation. Mais, a-t-il précisé, il ne démissionnera pas comme l'ont fait d'autres chefs de mission diplomatique aux USA et en Europe ou auprès de la Ligue arabe. « Je suis l'ambassadeur de la Libye, pas de Kadhafi », a-t-il dit à EUROPE.

Verhoftstadt « scandalisé ». « Kadhafi doit quitter la Libye maintenant avant qu'il n'y ait davantage de sang versé. C'est un scandale que le Conseil des Affaires étrangères de l'UE, réuni hier à Bruxelles, n'ait pas adopté de position plus ferme contre Kadhafi, que celle de condamner sa réponse violente aux manifestations », a critiqué mardi le chef du groupe libéral (ADLE) au Parlement européen, Guy Verhofstadt. « Toute la stratégie de voisinage pour la région méditerranéenne doit d'urgence être entièrement remodelée afin de tenir compte des nouveaux éléments sur place et nos niveaux d'aide doivent être mis à jour à la lumière de la nécessité de soutenir et d'encourager les premiers germes d'une véritable expression démocratique dans la région », estime-t-il. L'eurodéputé britannique Charles Tannock (ECR) demande que l'UE et les USA imposent d'urgence une interdiction de vol (no-fly zone) au-dessus du territoire libyen afin d'empêcher le régime de lancer de nouvelles attaques aériennes contre les manifestants.

Entre-temps, le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (REMDH) « appelle l'UE et ses États membres à user de tout leur poids diplomatique afin que soit mis fin aux meurtres de civils et que soit respectée la liberté de rassemblement en Libye ». L'UE ne doit pas céder au « chantage du régime libyen qui a menacé dimanche de cesser toute coopération avec l'UE en matière de lutte contre l'immigration illégale si l'Europe ne mettait pas fin à son soutien à la promotion de la démocratie dans la région », dit-il. (H.B./F.B.)

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