Bruxelles, 22/02/2011 (Agence Europe) - Au lendemain de la réunion des ministres des Affaires étrangères, ce sont les ministres du Développement des 27 qui, mardi 22 février à Bruxelles, ont condamné la répression dans le sang des manifestations populaires en Libye. La discussion informelle qu'ils ont eue sur les révolutions et transitions en cours au Maghreb et au Machrek a débouché sur un consensus: l'UE a un rôle majeur à jouer pour accompagner, dans les semaines et mois à venir, le développement des pays arabes.
Si ces révolutions sont le résultat de trois éléments combinés - « un soulèvement imputable à des facteurs socio-économiques, un mouvement religieux fondamentaliste et un mouvement porté par une aspiration à la liberté » -, elles sont « pour l'essentiel portées par un désir de liberté », a déclaré à la presse le ministre délégué hongrois Zsolt Németh. Et d'ajouter: « Je viens de l'Europe centrale qui a connu la transition vers la démocratie en 1989-1990. Ce que je vois me fait faire un bond vers le passé. Et le commissaire Piebalgs (Letton: NDLR) a la même impression. À l'époque, l'Occident était mal à l'aise par rapport à l'évolution de l'Europe centrale et orientale. Notre rôle va être décisif pour l'orientation que vont prendre ces mouvements. Nous avons une carte à jouer pour qu'ils débouchent sur de vraies démocraties ». Le Conseil est d'avis que l'UE « doit hausser le ton comme elle l'a fait quand elle s'est adressée à des dictateurs à l'Est de sa frontière, comme à Loukachenko qui a eu ce qu'il méritait ». Le commissaire Andris Piebalgs a souligné que dans ces pays, « la priorité, c'est l'emploi » car à la base des soulèvements en Égypte et en Tunisie, il y avait « le manque de réformes politiques et le chômage énorme des jeunes ». (A.N.)