Bruxelles, 22/02/2011 (Agence Europe) - Une plainte complémentaire pour abus de position dominante (art.102 TFUE) vis-à-vis de Google Inc. a été déposée mardi 22 février auprès de la Commission par la société française 1plusV, créatrice d'une série de moteurs de recherche verticaux. Celle-ci s'estime victime d'une stratégie d'éviction menée par Google vis-à-vis des moteurs de recherche verticaux sur les marchés du référencement naturel, de la publicité en ligne liée aux recherches (y compris l'intermédiation publicitaire) et dans le secteur de la production et de la commercialisation de technologies de recherche. Il s'agit en l'occurrence de sa deuxième plainte à l'encontre du géant américain, après celle déposée en février 2010, où elle dénonçait notamment des déréférencements successifs des pages de son moteur de recherche vertical Ejustice.fr, et qui, parmi d'autres, avait induit la Commission à ouvrir une enquête approfondie concernant les pratiques de Google le 30 novembre 2010 (EUROPE n° 10267 et n° 10288).
Plus précisément, dans sa plainte actuelle, 1plusV veut informer la Commission d'autres abus de Google, soit: - le couplage de son service de publicité AdSense for Search (AFS) avec sa technologie Google CSE (développement et publication de recherches verticales sur les sites web ou l'Intranet). Ce couplage, selon 1plusV, obligerait les moteurs verticaux concurrents à renoncer à leurs propres technologies, parfois plus efficaces, pour adopter la technologie CSE, et, surtout, limiterait fortement la possibilité pour ceux-ci d'être référencés sur Google Web, et, par là, d'attirer du trafic et de générer des recettes publicitaires. Google a bien lancé un service de publicité découplé (Adsense for Search Only), mais il serait réservé pour l'instant à des sites sélectionnés par lui; - le non respect des règles de référencement par Google, qui procéderait à un référencement sauvage de pages ou de sites dont le référencement est interdit ; - des auto-référencements discriminatoires à travers l'affichage arbitraire et en position préférentielle de liens vers des pages de son propre moteur vertical spécialisé Google Books; - les représailles de Google à son encontre: après sa plainte de février 2010, Google aurait élargi le déréférencement à d'autres sites édités par 1plusV, dont la plupart des pages du site de la Bibliothèque nationale de France (BnF), qui se serait de ce fait détournée du service eGuides de 1plusV pour conclure un accord avec Microsoft. Google aurait par ailleurs procédé à des ré-référencement massifs des pages de eGuides peu de temps après l'ouverture de l'enquête de la Commission, une coïncidence qui, d'après 1plusV, ne serait pas fortuite.
La plainte de 1plusV alimentera sans doute l'enquête engagée par la Commission, qui, peu avant Noël, avait envoyé un questionnaire aux grands acteurs du web, tels qu'éditeurs de sites, moteurs de recherche et annuaires en ligne, annonceurs et régies publicitaires, auquel ceux-ci devaient répondre avant le 11 février (EUROPE n° 10288). (F.G.)