Bruxelles, 22/02/2011 (Agence Europe) - Présentant mardi 22 février aux ambassadeurs de l'UE auprès de comité politique et de sécurité (COPS) son rapport sur la piraterie, Jack Lang a insisté sur une « action rapide et forte » pour contrecarrer le problème grandissant de la piraterie au large des côtes somaliennes. Soumettant à l'UE les résultats de son travail en tant que le conseiller spécial des Nations unies pour les problèmes juridiques relatifs à la piraterie, il propose un plan d'action pour le nord de la Somalie, plus concrètement pour ses deux entités séparatistes du Puntland et du Somaliland, les plus concernées par la piraterie. « Si nous voulons éradiquer ce problème, il faut s'y attaquer à la fois à la base et au sommet », a-t-il dit à la presse en espérant que les mesures proposées pourraient être entérinées « dans les prochains mois ».
Ce plan, qui serait élaboré par la communauté internationale en « coopération avec les autorités » des deux régions, « comporterait deux volets: un volet socio-économique et un volet sécuritaire-pénitentiaire et juridique-pénitentiaire », a-t-il ensuite expliqué à la presse. Le volet économique devrait assurer une « alternative à la piraterie ». Sur base des accords agréés et signés avec les deux régions, on pourrait « développer les vraies activités locales » comme « la pêche, l'élevage, l'exportation du bétail », a expliqué M. Lang. D'autres mesures viseraient notamment à relancer les activités des deux ports les plus importants pour chacune des régions, celui de Bosaso à Puntland et de Berbera au Somaliland.
Le volet juridique du plan devrait garantir que « les pirates soient poursuivis sur terre », a souligné M. Lang. Il propose notamment d'établir « une juridiction des pirates » et « la construction d'une capacité pénitentiaire » d'environ 500 places dans chacune des régions. L'aide préconisée auprès de la communauté internationale consisterait, entre autres, en la formation des juges, qui pourraient être recrutés au sein de la diaspora somalienne. Les Nations unies (Office des Nations unies contre la drogue et le crime, UNODC) seraient prêtes à « aider » à financer la construction des prisons. Le coût estimé de la construction de ces prisons serait d'environ 25 millions de dollars contre « un coût de la piraterie qui s'élève à 5-7 milliards », a insisté M. Lang. Dans le même volet, le représentant de l'ONU propose aussi de créer un tribunal somalien délocalisé (les négociations sont en cours avec la Tanzanie) et de s'attaquer « aux commanditaires » de la piraterie. Il s'agit « de 6-7 personnes dont les noms sont généralement connus », a-t-il dit, jugeant qu'il est nécessaire de « remonter les filières et de prendre des mesures contre ces personnages ». (A.By.)