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Bulletin Quotidien Europe N° 10321
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/jai

Immigration/Libye, les craintes de l'Italie nuancées par ses partenaires

Bruxelles, 22/02/2011 (Agence Europe) - L'Italie exagère-t-elle la « menace » d'une immigration massive en provenance de la Libye ? Cette question commençait à être posée, mardi 22 février, cela alors que les ministres de l'Intérieur doivent se réunir jeudi 24 février à Bruxelles pour discuter des récents bouleversements politiques en Afrique du Nord et de leur impact sur les flux migratoires. Certains d'entre eux devaient également se rencontrer mercredi 23 février à Rome, l'Italie ayant convoqué les ministres de l'Intérieur espagnol, français, maltais, chypriote et grec afin de la soutenir dans ses démarches.

Lundi 21 février, lors du Conseil Affaires étrangères, Franco Frattini avait estimé que l'Italie pourrait être confrontée à une vague « inimaginable » de migrants avec des « centaines de personnes » arrivant en Europe et appelant de ce fait les 27 à la prudence dans leur condamnation de la répression libyenne. Lundi soir, certains médias italiens parlaient même d'une possible arrivée de « 2 millions de personnes » en provenance de la Libye, quand ce pays ne compte que 6 millions d'habitants.

Problème: ces craintes ne semblaient pas mardi être tout à fait partagées par ses partenaires. Lundi, l'Allemagne avait déjà indiqué que la situation s'était calmée, après une vague importante d'arrivées de migrants tunisiens en quelques jours à Lampedusa, et que les moyens européens, comme la mission Hermes, devaient permettre maintenant d'apaiser la situation. Mardi matin, c'est la France qui a affiché une position plus modérée, estimant que « l'Italie n'est pas submergée » et qu'« il n'y a pas d'afflux massif » en Italie, a dit une source.

Selon une autre source, il y a un peu « de tactique » et de « communication » vers le peuple italien derrière ces annonces, l'Italie escomptant un soutien financier de l'UE et s'étant par ailleurs jusqu'ici beaucoup engagée aux côtés de Tripoli en lui fournissant des aides en échange d'une coopération poussée en matière de prévention de l'immigration clandestine. Coopération aujourd'hui remise en question par les autorités libyennes.

L'argent, il en a été d'ailleurs question mardi à la Commission, celle-ci précisant qu'elle continuait à étudier la possibilité d'une enveloppe financière d'urgence pour Rome mais rappelant aussi qu'un financement de 75 millions d'euros avait déjà été prévu de longue date pour l'Italie. Pour certaines sources, l'Italie ne recevra en tout cas « sûrement pas 100 millions d'euros », la question ne devant par ailleurs pas réellement être étudiée jeudi lors du Conseil JAI, a dit une source.

Lors de ce Conseil JAI, l'on parlera en tout cas de solidarité entre les États membres, une discussion étant notamment prévue sur l'asile. Mais là encore, il ne s'agira pas, selon une source, de se « partager le fardeau » des immigrants clandestins arrivant en Europe. La France, par exemple, a été très claire, estimant que se partager cette charge serait « un appel d'air à l'immigration clandestine » et ne « règle rien ». La solidarité européenne, c'est donc d'abord poser des actes concrets de l'UE, selon la France, à l'image de la mission Hermes et en commençant à plancher sur un véritable système de garde-frontières européens. Un renforcement de Frontex qui devrait lui être au coeur des discussions de jeudi. (S.P.)

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