Bruxelles, 22/02/2011 (Agence Europe) - L'immensité des défis à relever par le Sud-Soudan, pays pauvre par excellence, appelé à être le 54ème État d'Afrique en juillet prochain quand la communauté internationale l'aura formellement reconnu, justifie, aux yeux des ministres du Développement des 27, que l'UE coordonne au mieux son aide pour accompagner le développement d'un État indépendant en devenir et toujours en proie à l'insécurité. C'est donc d'une seule voix que les 27, réunis mardi 22 février à Bruxelles en Conseil informel (EUROPE n° 10320), ont appelé la Commission européenne à convoquer rapidement une réunion des volontaires pour se lancer conjointement dans un exercice de programmation conjointe de l'aide au Sud-Soudan. Tous ont estimé que la coordination des donateurs européens constituait un prérequis pour le succès de l'action de l'UE sur le terrain.
« Une tâche très particulière incombe à l'UE. Jamais elle n'a été confrontée à une telle tâche. Il s'agit de construire un État. Cela demande un engagement fort, une approche prudente et une coordination parfaite. Mettons en place une programmation coordonnée », a déclaré le ministre hongrois des Affaires étrangères Zsolt Németh en résumant à la presse la conclusion de l'échange de vues ministériel à se sujet. C'est pourquoi, Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement, convoquera très bientôt « une réunion des États membres souhaitant participer au développement du Sud-Soudan », a indiqué le président en exercice du Conseil. Ros Marsden, la représentante spéciale de l'UE au Soudan, et les représentants de la société civile seront également conviés.
« Le but, c'est d'accorder nos violons entre Européens, et si cela marche pour le Sud-Soudan, pourquoi cela ne marcherait-il pas dans les autres pays de la région ? », a précisé Zsolt Németh. C'est en tout cas le pari que prennent les ministres européens du Développement pour qui le Sud-Soudan - pays dont 80% de la population est analphabète et vit dans l'absolue pauvreté - peut être un cas d'école pour l'aide à tous les pays en développement. Cela vaut en particulier pour le volet Développement de la stratégie holistique que prépare l'UE pour le Sahel en vue de s'attaquer concomitamment aux problèmes de développement et de sécurité. (A.N.)