Bruxelles, 22/02/2011 (Agence Europe) - L'UE a pris l'initiative de réunir mardi 22 février à Bruxelles de nombreux organismes de financement internationaux (outre la Commission, les États membres, la BEI, la Banque mondiale, l'ONU et ses agences, l'OCDE, le Conseil de l'Europe, plus des fonds d'investissement de pays du Golfe) pour un premier tour de table sur l'aide à la Tunisie et à l'Égypte. Ces deux pays ont achevé leur transformation politique mais leur état nécessite un appui international pour la remise en état de leurs économies. L'objectif affirmé est de créer, pour chacun de ces deux pays, des mécanismes d'aide chargés d'assurer la coordination des appuis internationaux et de veiller à la cohérence de l'action de chacun des partenaires.
La conférence pourrait être plus concentrée sur la Tunisie. Les contacts avec ce pays sont plus avancés et la visite, le 12 février, de Mme Ashton, qui a suivi celle, à Bruxelles, de l'ancien ministre tunisien des Affaires étrangères, a permis de tracer des contours relativement plus nets des besoins de la Tunisie, même s'ils ne seraient pas encore assez précis. Les contacts avec l'Égypte commencent à peine et il serait trop tôt, pour l'UE, comme pour les partenaires internationaux, pour évaluer ses besoins et l'orientation à donner à l'affectation des financements requis.
Du côté des institutions européennes, Mme Ashton avait annoncé un chiffre de 258 millions d'euros de ressources budgétaires (EUROPE n° 10319), déjà comptabilisés mais dont l'engagement sera accéléré, plus 17 millions d'« argent frais » qui ne seraient pas limitatifs, ne correspondant qu'aux actions déjà identifiées et chiffrées. Ce montant a paru faible, de prime abord, aux yeux des Tunisiens (presque entièrement consacré aux préparatifs électoraux). Il devrait être augmenté au fur et à mesure de l'identification de nouvelles actions. La Commission a délégué de nombreux experts sur place pour accélérer l'étude de projets en direction de la société civile, au profit d'institutions d'action démocratique, associations, presse, etc. et raccourcir les délais de procédure. La chef de la diplomatie européenne avait annoncé lors de sa visite à Tunis la mobilisation de près d'1 milliard d'euros de ressources de la BEI (Banque européenne d'investissement) pour toute la région méditerranéenne. La Banque a fait ses comptes et indique que le chiffre retenu pour la seule Tunisie sera de l'ordre de 886 millions d'euros en prêts, en 2011, contre 493 millions en 2010. Le cap sera mis sur les projets créateurs d'emplois centrés sur les PME, les TPME et le microcrédit, plus efficace dans les projets à caractère social plus marqué et vers une décentralisation régionale à promouvoir. Une ligne de crédit au profit du secteur du tourisme, le plus affecté par les événements depuis avant les vacances de fin 2010.
Le vice-président de la BEI doit se rendre à Tunis les 2 et 3 mars pour approfondir la stratégie en concertation avec les autorités de transition. La Banque serait d'ailleurs prête à assurer la coordination des appuis. Mais, observe le vice-président, « nous allons manquer de ressources en 2013 ». Car, outre la Tunisie, et un peu plus tard l'Égypte et la région méditerranéenne dans son ensemble, les besoins vont augmenter notablement. La Banque a demandé aux États membres et au Parlement une levée de fonds supplémentaires de 1 milliard d'euros nécessitant un accord interinstitutionnel sur le haussement du plafond de garanties. Le PE a donné son feu vert jeudi 17 février à Strasbourg (EUROPE n° 10318) et une deuxième lecture du Conseil demeure requise dans l'espoir d'une décision finale (sans doute par procédure écrite) dans les deux mois. En sus, la Banque compte obtenir l'accord de ses autorités de tutelle pour la réaffectation de quelque 120 millions récupérés de la revente de participations dans des grands projets déjà financés en Méditerranée. (F.B.)