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Bulletin Quotidien Europe N° 10319
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/tunisie

L'aide européenne est « ridicule »

Bruxelles, 18/02/2011 (Agence Europe) - Les Tunisiens sont déçus par l'offre de17 millions d'euros en sus des 258 millions d'euros d'aides classiques déjà programmées, qui leur a été faite par Catherine Ashton lors de sa visite, lundi, à Tunis. Cette somme a été qualifiée de « ridicule » par un ministre tunisien en visite à Rome. « Les chiffres annoncés par l'UE en aide à la Tunisie montrent qu'elle n'a pas compris l'ampleur des événements historiques qui ont lieu dans le sud de la Méditerranée », a déclaré Afif Chelbi , ministre de l'Industrie, lequel a feint devant les journalistes de ne pas savoir si le chiffre de l'aide européenne correspondait à des millions ou des milliards.

Les 258 millions d'euros proposés pour le programme d'aide classique ne seraient en augmentation que par un tour de passe-passe comptable. Le montant initial, 240 millions (2011-2013 au titre du PIN, Programme indicatif national), a certes été augmenté de 18 millions d'euros provenant d'un raclage des tiroirs sur des lignes budgétaires non utilisées (droits de l'homme, appuis à la société civile). Le seul « argent frais », les 17 millions d'euros en aides exceptionnelles, paraissent minimes aux Tunisiens qui estiment leurs besoins immédiats bien plus importants. Le total ne constituerait même pas un rattrapage par rapport aux 330 millions d'euros que la Tunisie avait reçus au titre de l'aide triennale précédente (2008-2010) réduits à 240 précisément pour la faible volonté démocratique de l'ancien président.

Mme Ashton avait pourtant promis un formidable coup de pouce: « L'UE est l'allié le plus puissant du peuple tunisien dans la direction de la démocratie ». Mais d'emblée, son soutien a paru chiche.

À Bruxelles, on regrette cette impression. L'argent annoncé correspond seulement à ce qui a été identifié et à ce qui était mobilisable dans le budget communautaire, lequel est plafonné. Aurions-nous enlevé à d'autres pays pour satisfaire la demande tunisienne ?, souligne une source proche du dossier. Ce ne serait en tout cas pas une offre finale et l'aide européenne sera un processus à long terme, selon la même source qui ajoute: nous n'avons pas encore eu le temps de dialoguer avec les autorités tunisiennes dont les estimations ne seraient pas encore finalisées. L'UE pourrait, si le besoin en était établi, annoncer des montants supplémentaires dans le contexte électoral pour faciliter l'organisation du scrutin et garantir sa crédibilité. Sans compter l'effort de mobilisation que compte mener l'UE soit de fonds de la BEI ou d'autres donateurs, internationaux. Une conférence sur les investissements aurait lieu fin mars début avril à Tunis sous l'égide de l'UE.

Pour leur part, les Tunisiens lancent une campagne internationale de souscription. Le Gouverneur de la Banque Centrale (BCT) avait annoncé, mercredi, la création d'un fonds indépendant de collecte de dons provenant de parties tunisiennes et étrangères, ayant exprimé leur souhait d'accorder un soutien financier à la Tunisie post-révolution. Ce fonds vise, précise le communiqué de la BCT, « à collecter les ressources provenant des dons et contributions des personnes physiques et morales, en vue de leur utilisation dans le financement des projets de développement dans les régions, ainsi que sous forme d'assistance sociale, directement ou par le biais des associations habilitées ». (F.B.)

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