Bruxelles, 18/02/2011 (Agence Europe) - Touchez pas à la méthode communautaire ! Dans une résolution adoptée jeudi 17 février, le Parlement européen craint que la stratégie « EUROPE 2020 » pour la croissance et l'emploi ne soit en mesure de tenir ses promesses « en raison de la faiblesse de sa structure de gouvernance » (EUROPE n°10162). Il demande « instamment au Conseil de renforcer la méthode communautaire », la seule à leurs yeux capable de produire des résultats tangibles. Les eurodéputés ont récemment émis la même critique vis-à-vis des discussions relatives au 'Pacte pour la compétitivité', promu par l'Allemagne et la France, en vue de renforcer la gouvernance économique en Europe (EUROPE n°10312).
Le PE a adopté tel quel le projet de résolution déposée par les cinq principaux groupes politiques (PPE, S&D, ADLE, Verts/ALE, CRE). Tout juste ont-ils adopté trois amendements déposés par un groupe composé de plus de 40 eurodéputés qui s'ajoutent au texte soumis aux voix. Un amendement souligne le « rôle important » que peuvent jouer l'agriculture et la sylviculture dans une stratégie européenne globale visant à assurer la reprise économique tout en protégeant l'environnement et les paysages ruraux. Un autre qualifie d'« indispensable » une politique de cohésion « forte et dotée de moyens financiers suffisants » afin de compléter la stratégie européenne pour la croissance et l'emploi.
Ressources propres. Les eurodéputés sont d'avis que la stratégie « EUROPE 2020 » doit « combler le décalage entre ses ambitions affichées, les moyens disponibles et la méthode employée ». Selon eux, « le prochain cadre financier pluriannuel reflète les ambitions de cette stratégie ». Ils engagent notamment « vivement » la Commission européenne à présenter, en juin, « des propositions visant à créer de nouvelles ressources propres pour l'Union afin de la doter de moyens financiers réels et autonomes ».
La stratégie « EUROPE 2020 » fixe sept initiatives phares: l'innovation, l'éducation et l'insertion des jeunes sur le marché du travail, la réalisation d'un marché européen du numérique, une utilisation efficace des ressources, une politique industrielle adaptée à l'ère de la mondialisation, le renforcement des compétences et la création de nouveaux emplois, la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Déclinant ses priorités pour les sept initiatives phares, le PE demande aux États membres de prendre « des engagements tangibles » dans leurs programmes nationaux de réforme à soumettre d'ici fin avril dans le cadre du « Semestre européen » et de présenter des « propositions législatives concrètes et cohérentes » pour appliquer ces initiatives phares. (M.B.)