Bruxelles, 18/02/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen a accepté, jeudi 17 février, la proposition de la Commission européenne consistant à conserver en 2011 les lignes directrices pour les politiques de l'emploi adoptées en 2010. Mais il estime que l'examen annuel de la croissance et le cadre fourni par le semestre européen, même s'ils constituent des instruments « essentiels pour une coordination renforcée des politiques économiques » ne doivent pas « remplacer ou minimiser l'importance des instruments existants prévus au titre du traité, en particulier les grandes orientations de politique économique et les lignes directrices pour les politiques de l'emploi des États membres ».
À la suite de l'adoption de l'examen annuel de la croissance, la Commission a proposé que les lignes directrices pour les politiques de l'emploi adoptées en 2010 soient reconduites en 2011. En adoptant (551 voix pour, 59 voix contre et 8 abstentions) une résolution sur la mise en œuvre des lignes directrices pour les politiques de l'emploi des États membres, le Parlement européen demande au Conseil européen « de ne pas considérer l'emploi comme une question secondaire lors de l'examen de la recommandation de la Commission sur l'examen annuel de la croissance pour faire de l'assainissement budgétaire la première des priorités pour la période 2011-2012 ».
Il est demandé aux États membres de « réexaminer leurs objectifs nationaux pour l'emploi » de sorte que l'objectif principal fixé par l'UE puisse être satisfait, et de considérer ces objectifs avec le même sérieux que celui accordé à l'assainissement de leurs finances publiques.
Autre préoccupation du PE: sur la base de cet examen annuel de croissance, les pays vont définir des programmes nationaux de réformes. Or, le PE n'aura pas son mot à dire sur ces questions-là. Enfin, le PE est d'avis qu'une attention plus grande devrait être portée aux populations les plus vulnérables (jeunes, femmes, seniors, handicapés).
Lors du débat, le rapporteur Pervenche Berès (S&D, française) a estimé que dans le contenu de cet examen annuel de croissance, la question de l'emploi et du chômage semble « secondaire au regard des objectifs de la consolidation budgétaire ». Lorsque les États membres proposent que l'âge de la retraite soit augmenté, que le montant des allocations de chômage soit diminué, ou que le niveau des salaires et des mécanismes de formation de ceux-ci soit modifiés, « nous pensons qu'il y a là une intrusion dans un pacte social extrêmement dangereuse », a dit Mme Berès. (L.C.)