Bruxelles, 17/02/2011 (Agence Europe) - L'Égypte est un « partenaire clé de l'UE au Proche-Orient » et celle-ci « se doit de contribuer à l'émergence d'une Égypte démocratique, prospère et stable en apportant son appui au renouveau du pays et en l'encourageant ». Ce « rôle actif » égyptien est « crucial » pour le soutien au processus de paix au Proche-Orient et à la réconciliation interpalestinienne. Telle la tonalité principale de la résolution commune (PPE, S&D, Verts/ALE, ADLE, ECR) adoptée jeudi 17 février à Strasbourg par le Parlement européen sur la situation en Égypte.
La satisfaction des parlementaires tient aussi à l'assurance donnée par le Conseil suprême des forces armées (qui) a confirmé l'engagement pris par l'Égypte de « mettre en œuvre tous les traités et avenants internationaux auxquels elle est partie », en clair de maintenir les accords avec Israël. Les eurodéputés prennent acte aussi que le Conseil militaire s'est engagé à « remettre le pouvoir à un gouvernement civil élu » et a arrêté d'importantes décisions, annoncées dans sa 5ème déclaration du 13 février 2011.
Et le PE de rappeler les principaux faits qui ont abouti à ébranler un régime accroché au pouvoir depuis 23 ans dans un déni total de démocratie (état d'urgence depuis 1981) grâce à un système policier moderne, une caste affairiste et, aussi, grâce au silence observé par les grandes nations démocratiques en liaison avec le processus de paix israélo-palestinien et la lutte contre le terrorisme. Par le passé, lit-on dans la résolution, l'UE et ses États membres « ont souvent privilégié la recherche de la stabilité et relégué au second plan les valeurs que sont la démocratie, la justice sociale et les droits de l'homme », même s'il était écrit que « les clauses des droits de l'homme dans les accords d'association devaient être systématiquement assorties d'un mécanisme destiné à leur mise en œuvre ». Les eurodéputés en tirent comme première conclusion que la 'politique de voisinage' doit être réexaminée en permanence. Quoi qu'il en soit, la résolution commune exprime la « solidarité avec le peuple égyptien, rend hommage à son courage et à sa détermination, et plus particulièrement à sa jeunesse, et apporte son entier soutien à leurs aspirations démocratiques légitimes » et réclame « des mesures de clémence immédiate pour toutes les personnes détenues lors des manifestations pacifiques, des prisonniers d'opinion, des défenseurs des droits de l'homme, des journalistes et des juristes égyptiens et internationaux ».
Les parlementaires estiment que la démission du président Hosni Moubarak « marque une nouvelle étape dans la transition politique en Égypte ». Elle suppose « l'ouverture immédiate d'un véritable dialogue politique national transparent avec la participation de tous les acteurs clés du monde politique et de la société civile, afin de préparer la levée de l'état d'urgence, la révision de la constitution et de la loi électorale, l'organisation d'élections libres et équitables, la nomination d'un gouvernement civil démocratiquement élu et une véritable démocratie en Égypte » et « sans retard la liberté d'information, d'expression et d'association en Égypte ».
Les parlementaires déclarent leur appui aux « réformes en faveur de la démocratie, de l'état de droit et de la justice sociale en Égypte » et renouvellent l'appel à la levée de l'état d'urgence. Un « véritable coup d'accélérateur aux réformes économiques et sociales » est recommandé à l'Égypte. L'idée d'une task force européenne est avancée pour aider les Égyptiens.
Enfin, l'UE est « invitée à soutenir activement une transition rapide vers une Égypte pacifique » et à « aider les forces démocratiques et les organisations de la société civile en Égypte à s'organiser afin de pouvoir participer pleinement à la transition démocratique ». Les eurodéputés demandent également aux autorités égyptiennes de ne pas permettre que les communautés chrétiennes coptes soient victimes du vide sécuritaire. Ils demandent que l'UE gèle les avoirs détenus ou contrôlés par des personnes considérées comme responsables du détournement de fonds publics.
Conclusion générale sur l'action de l'UE: il y a, selon les eurodéputés, un « besoin urgent de définir des politiques et des instruments plus ambitieux et plus efficaces dotés d'un budget renforcé, afin d'encourager et de favoriser les réformes politiques, économiques et sociales dans les pays du voisinage méridional de l'Union ». Les parlementaires réclament une meilleure coordination avec les autres politiques de l'Union. Et demandent encore la création d'un mécanisme visant à la mise en œuvre de la clause 'droits de l'homme' dans tous les accords avec des pays tiers. Le Conseil est invité à « définir un ensemble de critères politiques auxquels les pays du voisinage devraient satisfaire pour obtenir un statut supérieur ». (F.B.)