Bruxelles, 17/02/2011 (Agence Europe) - Avec en toile de fond les événements en Tunisie et en Égypte et l'appel du chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton à allouer des ressources supplémentaires à la région méditerranéenne, le Parlement européen s'est prononcé, jeudi 17 février, en faveur d'un amendement déposé par le rapporteur permanent pour la Banque européenne d'investissement (BEI) Ivaïlo Kalfin (S&D, bulgare) visant à augmenter le montant global des garanties accordées aux prêts de la Banque pour les infrastructures et les PME de l'Afrique du Nord à hauteur de 1 milliard d'euros. Le Parlement a également soutenu le principe d'un financement supplémentaire de 2 milliards pour soutenir des prêts concernant des projets liés à l'environnement.
Les députés ont décidé d'augmenter de 1,7 milliard d'euros le plafond de garanties que l'UE accorde à la BEI pour ses prêts réalisés à l'extérieur de l'UE. Ce montant comprend le soutien supplémentaire d'1 milliard pour les PME et les infrastructures du bassin méditerranéen. Les garanties de l'UE pour la Banque se monteront à 29,567 milliards jusqu'à la fin de 2013, dont 2 milliards seront consacrés aux projets environnementaux et climatiques.
Outre le milliard de garantie supplémentaire en faveur de l'Afrique du Nord, les eurodéputés ont également soutenu la proposition du Français Vincent Peillon (S&D) de créer une institution financière spécifiquement dédiée à la Méditerranée sur le modèle de la BERD. M. Peillon fait valoir dans un communiqué que « cette institution, en associant les pays partenaires au capital et à la gestion des projets, les rendrait ainsi copropriétaires de l'action menée sur place ».
Dans sa résolution, adoptée par 538 voix pour, 37 contre et 37 abstentions (l'amendement visant à ajouter 1 milliard d'euros de garantie pour l'Afrique du Nord a été adopté par 546 voix contre 48 avec 6 abstentions), le PE demande également à la BEI de procéder à des améliorations qualitatives. Les députés souhaitent une meilleure coordination avec le nouveau Service européen d'action extérieure et la Commission européenne pour la mise en œuvre des politiques extérieures de l'Union. En outre, ils veulent plus de transparence, une participation accrue des intervenants ainsi qu'un meilleur suivi et une meilleure évaluation des résultats, en tenant compte de l'impact en termes de développement et d'environnement.
Il s'agissait de la première lecture du rapport Kalfin. Après le vote de jeudi, les négociations avec le Conseil peuvent commencer. La deuxième lecture est prévue dans les 3 ou 4 prochains mois. (O.L.)