Bruxelles, 16/02/2011 (Agence Europe) - L'Albanie n'a pas le choix: si elle veut devenir un pays candidat et adhérer un jour à l'UE, « elle devra remplir tous les critères politiques de Copenhague, y compris celui consistant à avoir un dialogue politique interactif (entre gouvernement et opposition, Ndlr) et un Parlement en état de fonctionnement », a souligné le commissaire Stefan Füle (Élargissement) le 15 février devant le Parlement européen à Strasbourg. C'est ça « ou rien », l'UE n'acceptera pas que l'Albanie fasse du « cherry-picking », a-t-il souligné. Tirana doit mettre en œuvre les 12 priorités que la Commission a identifiées dans son rapport de progrès en octobre dernier. Elles visent notamment à améliorer le fonctionnement des institutions démocratiques et du dialogue politique, l'État de droit et le secteur judiciaire, la lutte contre le crime organisé et la protection des droits de l'Homme, a rappelé M. Füle. En janvier, la Commission a proposé aux autorités albanaises une feuille de route pour sortir de l'impasse, mais cette offre n'a pas encore été utilisée par les parties en conflit. « Il n'est pas encore trop tard. Si nous recevons des signaux irréversibles qu'il y a une volonté réciproque de bénéficier de ce cadre européen pour sortir graduellement de l'impasse politique, alors nous réagirons positivement », a déclaré le commissaire. Il a aussi appelé le chef de l'opposition socialiste, Edi Rama (maire de Tirana), à agir en tant qu'« opposition constructive ». L'opposition, on le sait, estime que les élections de juin 2009 étaient frauduleuses, raison pour laquelle elle refuse de coopérer avec le gouvernement. Des élections locales sont prévues pour mai 2011. Lors du débat, de nombreux députés européens ont demandé à l'élite politique albanaise de garder à l'esprit les intérêts de ses citoyens et ne pas mettre davantage en péril les perspectives d'adhésion à l'UE du pays. (H.B.)