Bruxelles, 16/02/2011 (Agence Europe) - Les banques alimentaires, qui viennent en aide aux Européens les plus démunis, doivent pouvoir continuer à bénéficier d'un financement européen, a plaidé lundi 14 février le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, alors que plusieurs États membres, Allemagne en tête, rechignent à ce que la politique agricole commune (PAC) continue de verser ce type d'aide.
Cette prise de position de M. Barroso n'est pas une surprise. En septembre 2010, la Commission, soutenue par le Parlement européen, a proposé la poursuite (avec certains ajustements) du programme communautaire de distribution de denrées alimentaires aux personnes les plus démunies de l'UE. Mais plusieurs États membres - entre autres l'Allemagne, le Royaume-Uni et les pays scandinaves - s'opposent à la poursuite de ce programme (doté d'une enveloppe de 500 millions d'euros par an au maximum), estimant que l'aide aux démunis relève des politiques sociales, et non pas agricoles, et que ce dossier relève de la compétence des États (EUROPE n° 10224).
« Alors même que nous avons davantage de pauvreté en Europe, ce serait un scandale que l'UE supprime, comme certains le voudraient, des programmes de lutte contre la pauvreté », a déclaré (selon l'AFP) José Manuel Barroso, lors d'une visite dans un entrepôt de la Banque alimentaire à Strasbourg, en marge de la session plénière du Parlement européen. « Je ne suis pas d'accord avec ceux qui affirment qu'il s'agit seulement d'une compétence des États. L'Europe doit aussi avoir une action sociale. Si on peut, au niveau européen, donner un appui supplémentaire aux plus démunis, il faut le faire », a ajouté le président de l'exécutif européen.
Le programme européen d'aide alimentaire aux plus démunis avait été mis en place en 1987. Instauré à l'origine pour fournir des stocks de produits agricoles (stocks d'intervention) aux personnes les plus pauvres en Europe, le régime a été modifié au milieu des années 1990 dans le cadre du processus de réforme de la PAC pour permettre, dans certaines circonstances, de compléter les stocks d'intervention par des achats sur le marché. Selon les estimations, 43 millions de personnes dans l'Union européenne sont menacées de pauvreté alimentaire, ce qui signifie qu'elles ne peuvent pas se permettre de prendre un repas avec de la viande, du poulet ou du poisson tous les deux jours. 20 États membres de l'UE participent au programme de 2011. (L.C.)