Bruxelles, 21/01/2011 (Agence Europe) - La signature d'un mémorandum d'entente (memorandum of understanding) entre la Commission européenne et l'Ouzbékistan sur la future coopération énergétique devrait être le principal résultat concret de la visite - politiquement très sensible - qu'effectuera le président ouzbek Islam Karimov lundi 24 janvier à Bruxelles. M. Karimov, pointé du doigt pour la situation des droits de l'Homme dans son pays, rencontrera le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, mais pas Herman Van Rompuy ni Catherine Ashton qui semblent l'éviter. Du côté de M. Van Rompuy, on évoque des « problèmes d'agenda ». Des députés européens, comme le Belge Bart Staes (Verts/ALE) et plusieurs ONG comme la Fédération internationale des Droits de l'Homme (FIDH), Amnesty International, Human Rights Watch et l'International Crisis Group ont sévèrement critiqué M. Barroso pour avoir accepté de recevoir M. Karimov. « L'UE commet une erreur en déroulant le tapis rouge pour des dictateurs », affirme M. Staes qui estime par ailleurs que le moment n'aurait pas pu être plus mal choisi « au moment où l'UE condamne une autre dictature, au Bélarus, et salue la chute du régime de Ben Ali en Tunisie ». Le message envoyé par l'UE est donc « contradictoire » et reflète l' « incohérence » de la politique étrangère de l'UE, souligne M. Staes.
Le porte-parole de la Commission, pour sa part, a défendu la décision de M. Barroso d'accepter la demande de visite de M. Karimov. Les droits de l'Homme et les réformes en Ouzbékistan seront les premiers sujets à l'ordre du jour de l'entretien, a-t-il dit vendredi à la presse. Avoir un « dialogue robuste et critique » avec les autorités ouzbèkes est le meilleur moyen de faire avancer les réformes dans ce pays, y compris dans le domaine des droits de l'Homme, a-t-il estimé. (H.B.)