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Bulletin Quotidien Europe N° 10299
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/santÉ

Mieux lutter contre les maladies neurodégénératives

Bruxelles, 21/01/2011 (Agence Europe) - En adoptant, mercredi 19 janvier à Strasbourg, le rapport Matias sur la maladie d'Alzheimer, le Parlement européen appelle, à une écrasante majorité (646 pour, 6 contre et 6 abstentions), le Conseil à déclarer que les démences constituent pour l'Union européenne une priorité sanitaire. Il invite instamment les États membres à élaborer des programmes et des stratégies spécifiques nationaux visant à faire face aux conséquences sociales et sanitaires de la démence et à apporter aide et soutien aux personnes frappées de démence et à leurs familles, comme c'est le cas dans plusieurs États membres, où le Plan «Alzheimer et maladies apparentées», lancé dès 2008, a permis de structurer la prise en charge médico-sociale et la recherche clinique et fondamentale dans cette maladie au niveau national.

Le Parlement se félicite de l'initiative de planification commune de l'UE promue par les États membres pour intensifier les travaux de recherche sur la maladie d'Alzheimer et les autres maladies neurodégénératives, et engage la Commission à continuer à lancer des activités visant à résoudre les problèmes de santé, sociaux, technologiques et environnementaux que pose le traitement de ces maladies. Il souligne que l'accroissement de la population âgée et la pression grandissante exercée sur les finances publiques et la productivité privée à cause de l'augmentation des coûts liés à cette population vieillissante poseront un problème structurel aux États membres. Aussi l'Union européenne devrait-elle prévoir dans sa stratégie à long terme une politique de promotion résolue du principe de prévention (en termes de pratiques médicales ainsi que de modes de vie sains). Le Parlement se déclare convaincu que les tests de diagnostic précoce récemment proposés par le Groupe de Travail International sur les Nouveaux critères de la maladie d'Alzheimer (IWG on the New Criteria for AD), la recherche concernant les facteurs de risque et la définition des critères de diagnostic précoce sont d'une importance capitale. Les États membres devraient dès lors s'atteler sans tarder à la définition, à l'élaboration et à la mise en œuvre de protocoles communs pour définir de nouveaux critères de diagnostic précoce, à la mise en place de bio-marqueurs de progression de la maladie, pour tirer profit de l'émergence de nouvelles thérapies pour la démence comme pour la prédémence, et à l'établissement d'un agenda de recherche commun dans le domaine des maladies neurodégénératives, ainsi qu'au partage de bonnes pratiques en matière de recherche dans le domaine de ces maladies, de manière à réduire les inégalités existant entre les États membres et à l'intérieur de chacun d'entre eux en matière de diagnostic et de traitement. Le Parlement encourage les États membres à créer des centres spécialisés et à mettre en place des équipements médicaux satisfaisants (notamment d'imagerie par résonance magnétique dont l'apport à la recherche sur les démences est incontestable) sur l'ensemble de leur territoire. Il souligne également l'importance d'une approche pluridisciplinaire.

S'il reconnaît l'importance actuelle du soutien de l'Union européenne à 34 projets sur les maladies neurodégénératives pour un montant de 159 millions d'euros, le Parlement estime tout de même qu'il est indispensable dans le cadre à venir du 8ème PCRD de remédier au caractère morcelé de la recherche, en particulier celle sur Alzheimer, et d'inclure des projets se rapportant aux domaines insuffisamment explorés des thérapies non médicamenteuses, comportementales et cognitives. Le Parlement invite enfin les États membres à établir un réseau européen interconnecté de centres de référence canalisant un haut degré de compétences en matière de diagnostic, de traitement et de soins de la démence et de la maladie d'Alzheimer qui permette l'échange d'informations et de données entre les États membres ainsi que leur évaluation.

Dans les six mois qui ont précédé ce rapport, a déclaré le rapporteur, la Portugaise Marisa Matias (GUE/NGL), 700 000 personnes ont été atteintes par la maladie d'Alzheimer ou par d'autres formes de démence: le nombre de malades va vraisemblablement doubler tous les vingt ans. Pas question qu'il y ait des patients de première et de deuxième classe face à cette maladie qui, souligne Mme Matias, comporte des soins de chaque instant. Ce sont les femmes qui sont directement et indirectement le plus touchées par Alzheimer, car ce sont elles qui prodiguent en général les soins aux malades: il importe donc de soutenir les uns et les autres.

L'Europe vieillit, la démence et les souffrances qui l'accompagnent augmentent, il faut donc agir, reconnaît le commissaire européen à la Santé John Dalli, en précisant que l'action envisagée par la Commission comporte la prévention, la recherche et l'information ainsi que la défense des droits des patients frappés par les maladies neurodégénératives.

Tous les élus ont évoqué les effets dévastateurs et les coûts financiers de la démence, d'où l'importance du diagnostic préventif prôné au nom du PPE par la Roumaine Elena Antonescu, qui plaide aussi en faveur d'une plus grande multidisciplinarité. Le diagnostic est souvent inexistant, a rappelé l'Irlandaise Nessa Childers, pour le S&D, en plaidant pour des campagnes de sensibilisation au niveau européen. Des projets de recherche existent, mais il faut faire plus et mieux dans le prochain programme de recherche européen, souhaite à son tour la Belge Frédérique Ries au nom de l'ADLE. Quant à la Finlandaise Satu Hassi (Verts/ALE), elle pose une question spécifique: y a-t-il un lien entre Alzheimer et l'utilisation de certains produits chimiques, notamment les pesticides ? Elle sollicite une étude à cet égard.

Pour le Français Philippe Juvin (PPE), qui est anesthésiste de profession, et professeur d'université, le maintien des patients à domicile, dans leur environnement habituel, est un objectif prioritaire, son indispensable corollaire étant l'aide aux familles, qu'on ne peut pas laisser seules. Autre priorité, la recherche, et surtout « la bonne utilisation des résultats de la recherche »: les différents spécialistes et chercheurs doivent communiquer entre eux et travailler mieux ensemble. (L.G/O.J.)

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