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Bulletin Quotidien Europe N° 10297
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/prÉsidence hongroise

Programme plutôt bien reçu par les députés

Bruxelles, 19/01/2011 (Agence Europe) - C'est un Viktor Orbán très combatif qui a fait face mercredi 19 janvier à un hémicycle bien rempli et prêt à le passer sur le grill à propos de la nouvelle loi hongroise sur les médias qui, comme attendu, a mobilisé des élus de tous bords et dominé le débat (voir autre nouvelle).

Commencé dans le calme, ce débat s'est terminé dans une atmosphère franchement houleuse. En fait, le pensum du nouveau président en exercice du Conseil de l'Union était de présenter, comme de coutume, le programme du prochain semestre. Nous avons été les premiers à lutter contre le communisme, a tenu a rappeler le premier ministre hongrois, en affirmant vouloir « servir » l'Union dans le même esprit que les protagonistes de la révolution de 1956. La maîtrise de la dette sera au cœur du programme de la présidence hongroise, ainsi que la promotion de l'emploi, la croissance économique et la coordination des politiques économiques. Le rapport de la Commission sur le « semestre européen », salué par M. Orban, inaugure une série de discussions au sein de différentes formations du Conseil.

Le menu annoncé par M. Orban comprend de nombreux points: - renforcement du marché unique, ainsi que son extension à d'autres domaines ; - politique énergétique, notamment avec davantage de certitudes en ce qui concerne les livraisons d'énergie et les routes d'approvisionnement ; - inclusion sociale. Si l'Europe est incapable de mettre sur pied une bonne stratégie pour les Roms, elle risque de les condamner à leur vie nomade, avec des conséquences négatives pour tous. M. Orban espère une décision en juin ; - élargissement. Chez certains, les perspectives d'élargissement suscitent une « peur bleue », constate M. Orban, en souhaitant le retour à un certain « optimisme » et en plaidant en particulier pour une décision rapide en ce qui concerne la Croatie. Quant à l'élargissement de la zone Schengen à la Bulgarie et à la Roumanie, il soulève davantage de questions, mais M. Orban y est favorable ; - changement climatique. La présidence hongroise œuvrera pour que des décisions ayant force contraignante soient adoptées fin 2012. Les membres de l'Union doivent remplir toutes ces tâches dans le respect d'objectifs communs et des valeurs communes, a conclu M. Orban, et c'est dans cet esprit que la présidence hongroise va travailler dans les six mois à venir.

La présidence hongroise entame son travail à un moment critique de la construction européenne, mais José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, est persuadé qu'elle réussira, conforté dans ce sentiment par les propos tenus par les Hongrois, y compris de nombreux jeunes, qu'il vient de rencontrer à Budapest. M. Barroso a évoqué deux rendez-vous au cours de ce semestre: le Conseil européen du 4 février, consacré à l'énergie, et le cinquième Forum cohésion qui se déroulera fin janvier, en présence de M. Orban lui-même.

L'accueil du PPE à Viktor Orban, par la voix du Français Joseph Daul, a été chaleureux. La présidence hongroise saura relever les nombreux défis du prochain semestre et les réformes entreprises au niveau national par le gouvernement Orban renforcent cette conviction. La stabilité de l'euro est la priorité des priorités, et c'est peut-être une bonne chose, pour M. Daul, que les deux prochaines présidences (hongroise et polonaise) ne fassent pas partie de la zone euro mais désirent y entrer. D'autres tâches s'ajoutent à cette priorité: recherche d'une plus grande flexibilité du marché du travail, augmentation de la productivité, une vraie gouvernance économique européenne et aussi un débat sur la dangereuse hausse des prix des denrées alimentaires de base, surtout pour les pays les plus pauvres.

L'augmentation des prix alimentaires inquiète également Martin Schulz, président du groupe S&D. Quand vous parlez de l'emploi, constate l'élu allemand à l'adresse de M. Orban, « vous êtes un vrai membre du PPE, vous faites comme le président Sarkozy, qui tient un discours de gauche et agit comme un homme de droite »: agissez plutôt en conformité avec vos paroles. Vous pouvez compter chez vous sur une large majorité, c'est bien, ajoute M. Schulz, c'est bien mais une majorité de deux tiers comporte aussi des responsabilités, notamment la responsabilité d'œuvrer pour le renforcement de l'UE.

Mon groupe soutient les priorités de la présidence hongroise, a affirmé le Belge Guy Verhofstadt (groupe ADLE): la mise en place d'une véritable gouvernance économique et l'émergence d'une union fiscale et économique européenne. Il ne s'agit pas d'agiter de nouvelles idées, ajoute M. Verhofstadt, mais de reprendre le paquet de la Commission et de le défendre auprès des autres membres du Conseil. Quid des euro-obligations ? M. Verhofstadt confirme sa conviction qu'un marché obligataire européen, avec un traitement particulier pour les marchés triple A, est aujourd'hui une nécessité. L'UE est encore à trop d'égards une « unité occidentale », a constaté, pour la GUE/NGL, l'Allemand Lothar Bisky: l'exercice de la présidence du Conseil par un pays de l'Est offre un éclairage nouveau dont il se félicite. Réduire l'endettement, surmonter la crise financière, voici les tâches qui incombent à la présidence hongroise: l'Allemand Werner Langen (PPE) pense que Viktor Orban est bien armé pour y arriver. D'accord sur un accord rapide avec la Croatie, le Français Jean-Pierre Audy (PPE) sollicite une campagne d'information visant à apaiser les réticences de l'opinion européenne dans ce domaine. M. Orban s'est dit convaincu que, à terme, des eurobonds seront « inévitables », mais qu'ils ne devront pas être utilisés comme prétexte pour éviter les réformes. (L.G.)

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