Bruxelles, 07/12/2010 (Agence Europe) - Les hauts fonctionnaires en charge du dialogue euroméditerranéen se réuniront les 16 et 17 décembre à Barcelone (Catalogne, Espagne) pour une dernière touche à la structuration de l'UpM (Union pour la Méditerranée) suite aux décisions adoptées le 12 novembre.
Ils auront ainsi à officialiser les décisions concernant l'organigramme du secrétariat, son mode de fonctionnement (règlement intérieur) et son programme de travail 2011 (dépollution, autoroutes de la mer, protection civile, énergies renouvelables dont le plan solaire, enseignement supérieur, recherche et université EuroMed et, sixième, « Mediterranean Business Initiative », ce qui entraîne la discussion sur ses moyens budgétaires. Un accord a été réalisé le 12 novembre sur ses besoins sur ce plan (plus de 6 millions d'euros l'an) et seuls les 3 millions d'euros offerts en contribution de l'institution européenne sont disponibles. Les hauts fonctionnaires examineront l'état des propositions de contributions émanant des 43 pays membres de l'UpM. Ils auront aussi à poursuivre les discussions sur le projet de déclaration finale d'un « sommet » que les coprésidences ne désespèrent pas de convoquer après les deux reports successifs de juin et de novembre derniers. Toutes ces discussions laissent ouverte une question primordiale: la nature de l'UpM et son lien avec l'UE. Le débat ne serait pas tranché, y compris, apparemment au sein des instituions européennes et entre les États membres de l'UE (EUROPE n° 10257 et n° 10259).
Certains, comme le Royaume-Uni ou, pour des raisons différentes, la France, pousseraient à la poursuite d'une politique euroméditerranéenne classique, indépendamment de l'UpM. Cet « Objet institutionnel non identifié » - selon une formule fréquemment citée - ou pas encore identifié demeurerait une « aventure intergouvernementale » à part, même avec une contribution (budgétaire, surtout) communautaire à l'exemple du dialogue politique avec la mer Noire. Catherine Ashton serait encore dans une position d'attente vis-à-vis de ce dossier qui serait un « cas d'école », un « précédent » dans la mise en place du Traité de Lisbonne, selon un commentaire recueilli au sein des institutions. D'où, selon nos sources, une confusion qui affecterait les services en charge de la Méditerranée. La fusion de services du Conseil et de la Commission en charge de cette région serait difficile à résoudre et serait encore compliquée par le retard dans l'annonce de l'organigramme.
Quelle structure prédominera dans la fusion et avec quel personnel ? Avec des fonctionnaires des institutions ou des diplomates détachés et, sinon, quel dosage de mixité ? La structuration hiérarchique du Conseil n'est pas celle de la Commission. Un chef d'Unité du Conseil serait-il du même niveau qu'un Directeur au sein de la Commission ou, d'un niveau plus bas, celui de chef d'Unité ? La réponse déterminera le niveau de la fusion, à quel « étage » il devra se faire. Pour l'heure, les questions sont nombreuses et attendent leur réponse, la réponse de Mme Ashton. Ce qui n'empêche pas les hauts fonctionnaires de continuer à préparer un sommet. Pour quelle échéance ? Question en plus. (F.B.)