Bruxelles, 07/12/2010 (Agence Europe) - Daniel Cohn-Bendit, le coprésident du groupe des Verts au Parlement européen, et des représentants de plusieurs ONG - Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), International Campaign for Tibet, Reporters sans Frontières (RSF) - demandent que Catherine Ashton représente l'UE lors de la cérémonie de remise du Prix Nobel de la Paix 2010 au dissident Liu Xiaobo ce vendredi 10 décembre à Oslo. À l'avenir, l'UE devrait toujours y être représentée par son Haut représentant pour les Affaires étrangères en signe de l'importance que les 27 attachent à la paix, la démocratie et les droits de l'Homme, estiment-ils. Afficher l'unité européenne est particulièrement crucial face à la Chine « qui ne reculera (en matière de droits de l'Homme) que si elle a en face d'elle quelqu'un de poids qui ose élever la voix », a dit M. Cohn-Bendit lors d'une conférence de presse commune le 7 décembre à Bruxelles.
L'appel à Mme Ashton sera vain car la patronne de la diplomatie européenne n'a pas l'intention de se rendre dans la capitale norvégienne où l'UE sera représentée seulement par son chef de mission sur place, Janos Herman, ainsi que par les ambassadeurs des États membres. « Il n'a jamais été question que Mme Ashton s'y rende car il a été convenu que l'UE y sera représentée au même niveau que l'année dernière, c'est-à-dire au niveau des ambassadeurs », nous explique la porte-parole de Catherine Ashton. 23 des 27 pays membres ont des ambassadeurs sur place. Tous devraient assister à la remise du Prix Nobel, a dit la porte-parole.
Réactions très diverses dans l'UE. L'ONG International Campaign for Tibet a présenté mardi une étude dont il ressort que les États membres et les institutions de l'UE ont réagi de façon très différente à l'annonce du Prix Nobel pour Liu Xiaobo. Seuls 13 des 27 pays membres ont fait des déclarations saluant la décision. Certains (Allemagne, France, République tchèque) les ont même publiées, en chinois, sur le site web de leur ambassade en Chine. La représentation de l'UE à Beijing a également publié les déclarations de José Manuel Barroso et de Catherine Ashton en langue chinoise. La prise de position par la France doit cependant être nuancée: elle est signée Bernard Kouchner (ministre des Affaires étrangères à l'époque) tandis que le président Nicolas Sarkozy ne s'est pas du tout exprimé (en Allemagne, la chancelière Angela Merkel et l'ensemble du gouvernement ont appelé à la libération immédiate du lauréat). En revanche, 14 États membres n'ont fait aucune déclaration officielle: Belgique (actuelle présidence de l'UE), Bulgarie, Chypre, Estonie, Finlande, Grèce, Hongrie, Irlande, Lettonie, Lituanie, Malte, Portugal, Roumanie, Slovénie. Au Parlement européen, seuls trois groupes politiques ont réagi: le groupe libéral (ADLE), le groupe du PPE et les Verts/ALE. Ni le groupe socialiste (S&D), deuxième force au PE, ni les autres groupes n'ont officiellement réagi, selon l'étude. Silence total aussi du côté du président permanent du Conseil européen, Herman Van Rompuy. À qui Daniel Cohn-Bendit reproche « un manque de lucidité politique ». « Ça aurait été la moindre des choses qu'il dise quelque chose. S'il dépend de ses actionnaires (au Conseil européen pour se prononcer), alors il n'est pas à sa place », affirme carrément l'eurodéputé vert. (H.B.)