Bruxelles, 07/12/2010 (Agence Europe) - Les stratégies actuelles et les progrès de la recherche en matière de gestion des déchets nucléaires étaient au centre d'une audition publique en commission de l'énergie du Parlement européen le 1er décembre. Les débats ont permis de faire le point sur plusieurs chapitres liés à ce dossier sensible, comme la disposition géologique pour le stockage des déchets radioactifs, le procédé de réutilisation, l'option de transmutation et les aspects sociaux à prendre en compte pour la sélection du site.
Disposition géologique. Responsable de la division de l'OCDE sur la gestion des déchets radioactifs, Hans Riotte a expliqué que les déchets de basse et moyenne radioactivité sont en grande partie disposés dans des installations en extérieur, et dans quelques installations souterraines, mais que pour les plus radioactifs, il est difficile de trouver des solutions alternatives à l'enfouissement dans des formations géologiques profondes. Ce qui fait de la disposition géologique « la seule solution claire, techniquement faisable et adaptable ». Le géologue de PanGeo Dr. Detlef Appel a mis l'accent sur les avantages de la disposition géologique (distance entre les déchets et la biosphère et sa capacité de contenir les déchets) mais aussi fait part de ses inconvénients potentiels, comme le besoin de contrôle et d'entretien à long terme, qui reste « impossible à l'heure actuelle ». Répondant à la députée allemande Rebecca Harms (Verts), qui a mis en question le consensus des experts sur le fait que l'enfouissement est la meilleure solution, le Dr. Appel a admis qu'il n'y a toujours pas un consensus clair, faisant référence au modèle suisse comme étant le plus prometteur, tandis que M. Riotte s'est référé aux modèles de la Suède, la France et la Finlande, dont les systèmes devraient être opérationnels dans dix ans.
Transmutation et réutilisation. L'option de la transmutation, qui consiste à brûler les déchets par réaction nucléaire, reste à une étape expérimentale, a expliqué le professeur Bruno Thomauske de l'université d'Aix-la-Chapelle, ajoutant qu'elle présente une meilleure alternative à la disposition géologique simple, mais qu'un grand travail de recherche (5 à 10 ans) doit encore être accompli. Expert chez Areva, Denis Hugelmann a quant à lui mis en avant le potentiel de réutilisation du carburant usé (96% des déchets étant recyclables).
Les exemples suédois et finlandais. Eero Petraka, du forum européen sur l'énergie nucléaire, a présenté l'exemple de l'équipement finlandais d'Onkalo, où la technologie de disposition peut être examinée en conditions réelles, et évalué le coût de l'équipement à 3,3 milliards d'euros. Le Dr Johan Swahn, de l'ONG suédoise Office for nuclear waste review, a quant à lui soulevé des inquiétudes sur le risque de long terme en matière de prolifération nucléaire du fait que le combustible usé contient du plutonium pendant 100 000 ans.
Sélection du site. La plupart des intervenants ont convenu que la sélection du site est une des questions les plus controversées. « Tout le monde accepte le besoin de disposition finale des déchets, mais personne ne le veut près de soi », a observé le Dr. Appel, soulignant que la sûreté devait devenir le principe de base pour convaincre l'opinion. « La participation des parties prenantes est la plus importante », a renchéri M. Riotte, ajoutant que c'est elle qui donnera la légitimité sociale au procédé entier ». (E.H.)