Bruxelles, 07/12/2010 (Agence Europe) - Le Conseil des ministres de l'Économie et des Finances des États membres de l'UE a adopté comme prévu, mardi 7 décembre, la décision accordant une aide financière de 85 milliards d'euros en faveur de l´Irlande. L'Irlande devient ainsi le deuxième pays de la zone euro après la Grèce (qui a reçu une promesse de prêts de 110 milliards d'euros sur trois ans) à bénéficier d'un tel soutien extérieur. Le Conseil a adopté aussi une recommandation énonçant les conditions fixées pour l'octroi de cette assistance financière. L'Irlande devra corriger son déficit public excessif au plus tard en 2015.
Comme convenu le 28 novembre dernier (EUROPE n° 10266), le Conseil ÉCOFIN a approuvé une enveloppe de 85 milliards d'euros d'aide financière à l'Irlande, en réponse à une demande présentée le 22 novembre par les autorités irlandaises. Cette enveloppe inclut: 10 milliards d'euros à utiliser immédiatement pour recapitaliser les banques irlandaises, avec une réserve de 25 milliards d'euros, et 50 milliards d'euros pour couvrir pendant deux ans les besoins de financement du budget de l'État irlandais.
Les mesures de soutien aux banques seront financées pour moitié (17,5 milliards d'euros) par une contribution de l'Irlande à travers sa réserve de liquidités de trésorerie et des capitaux qu'elle a investis dans son Fonds national de réserve pour les retraites. Le solde sera pris en charge à parts égales (à savoir 22,5 milliards d'euros chacun) par: 1) le Mécanisme européen de stabilisation financière ('European Financial Stabilisation Mechanism' ou EFSM ; 2) le Fonds européen de stabilité financière ('European Financial Stability Facility' ou EFSF) (17,7 milliards au titre du EFSF) et des prêts bilatéraux du Royaume-Uni (3,8 milliards), du Danemark (400 millions) et de la Suède (600 millions) ; 3) le Fonds monétaire international (FMI).
Les prêts seront octroyés en fonction d'un programme négocié avec les autorités irlandaises par la Commission et le FMI, en liaison avec la Banque centrale européenne. Ce programme comportera une restructuration du système bancaire irlandais et des réformes visant à soutenir la croissance et ramener le déficit public de l'Irlande sous la limite des 3% du PIB d'ici 2015, le délai précédemment fixé à 2014 ayant été étendu.
Cette adoption formelle du plan intervient alors que les députés irlandais ont entamé mardi 7 décembre l'examen du budget pour 2011, qui prévoit des mesures d'austérité largement impopulaires, mais exigées au moins de manière implicite par l'Union européenne et le FMI en échange de leur aide. (L.C.)