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Bulletin Quotidien Europe N° 10272
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/onu/climat

Impensable de rentrer les mains vides, avertit Connie Hedegaard

Bruxelles, 07/12/2010 (Agence Europe) - Pour Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'Environnement, il est impensable de rentrer de Cancún les mains vides. Les ministres de l'Environnement des 192 parties aux négociations climatiques internationales ont entamé mardi l'examen des deux textes sur la table, mais il ne reste que trois jours pour s'entendre sur des décisions concrètes. S'exprimant lundi 6 décembre devant la presse à Cancún, la commissaire a donc tenu à rappeler que l'urgence du problème climatique exigeait à la fois des efforts comparables de toutes les grandes économies majeures, à commencer par les États-Unis et la Chine, les deux plus grands émetteurs, et d'incontournables compromis.

« Est-il facile de parler d'une seule voix ? Pas toujours, bien sûr. Il y a 27 gouvernements différents, 27 ministres différents, mais notre position a été examinée très attentivement dans les préparatifs à cette COP, et il y a un dénominateur commun. Quand nous parlons d'une seule voix, c'est le meilleur moyen de faire avancer les choses, et c'est ce que nous tentons de faire. Le problème, ce n'est pas l'Europe, mais les autres économies majeures qui ne se sont pas encore engagées au plan international. C'est le principal problème et le principal défi pour cette COP », a-t-elle déclaré.

Expliquant que l'Europe a prévu, dans l'ETS, de prévenir les fuites de carbone par l'allocation de quotas gratuits aux secteurs industriels les plus fortement exposés au risque de délocalisation, elle a lancé: « C'est aux autres pays de veiller à se doter de normes environnementales, à se fixer des objectifs d'efficacité énergétique, à mettre en place une législation pour leurs industries. Il faut absolument des objectifs contraignants. C'est le mieux que nous puissions obtenir ». La commissaire a par ailleurs jugé inimaginable, sauf à perdre toute crédibilité auprès de l'opinion publique, que les gouvernements de la planète qui, l'an dernier à Copenhague, ont dit aux citoyens « le climat est la question la plus grave de la planète », de quitter Cancún en ne faisant rien « alors que les gouvernements savent pertinemment ce qui doit être fait. Nous avons le devoir de faire les compromis qui s'imposent ».

Les deux projets de textes de négociation sur la table - l'un au titre du Protocole de Kyoto (sans les États-Unis), l'autre au titre de la coopération à long terme - font l'objet de critiques de la part des ONG environnementales qui voient poindre un risque de 'dissolution du Protocole de Kyoto'. Selon FoEI, le premier « ne contient pas d'objectifs de réduction cumulés pour les pays développés et ajoute de fameuses échappatoires au Lulucf », tandis que le second a écarté d'importantes propositions faites par les pays en développement, comme toute référence à une limitation de la hausse des températures à des niveaux plus sûrs. « Il faut établir un objectif collectif au titre du Protocole de Kyoto en vertu duquel les pays riches réduiraient leurs émissions d'au moins 40% (à l'horizon 2020 par rapport à 1990: NDLR) sans recourir aux marchés du carbone, aux compensations et aux échappatoires », avertit Manuel Graf de l'ONG qui reproche aux États-Unis de « tenter de convaincre d'autres pays d'accepter un système fondé sur des engagements sans tenir compte de la science ou de la justice climatique ». (A.N.)

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