Bruxelles, 29/11/2010 (Agence Europe) - La politique antiterroriste de l'Union européenne doit éviter au maximum de porter atteinte à la vie privée des citoyens européens, estime le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) Peter Hustinx dans un nouveau rapport publié le 24 novembre. « Des restrictions inutiles à la vie privée des citoyens doivent être évitées lorsque de nouvelles mesures sont envisagées », a déclaré M. Hustinx en présentant son avis sur la communication de la Commission européenne relative à la politique antiterroriste de l'UE. Pour lui, cette communication présente des liens étroits avec d'autres initiatives existantes, tels que les mesures restrictives et le gel des avoirs, la conservation des données, la biométrie, les données relatives aux passagers aériens et l'accord TFTP/SWIFT sur l'échange de données financières. Dans ce contexte, il rappelle que bon nombre de ces mesures ont été prises rapidement en réponse à des incidents terroristes, sans examen approfondi des chevauchements éventuels avec les instruments existants. Selon lui, une approche systématique accordant une attention aux droits fondamentaux et à la protection des données doit être préférée à une prise de décision réactive axée sur les incidents, en particulier lorsque ces derniers conduisent à la création de nouveaux systèmes de stockage, de collecte et d'échange de données, sans avoir procédé à une évaluation appropriée des solutions existantes. Le CEPD recommande également des améliorations concrètes dans des domaines tels que: les mesures relatives au gel des avoirs, la coopération internationale, le « privacy by design ». Il invite enfin la Commission à présenter une proposition visant à la mise en place d'un cadre de protection des données dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité commune. (B.C.)