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Bulletin Quotidien Europe N° 10266
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Économie

Rehn évoque un « dualisme » économique dans l'eurozone

Bruxelles, 29/11/2010 (Agence Europe) - Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a reconnu, lundi 29 novembre, l'existence d'un « certain dualisme » économique dans la zone euro, en présentant les prévisions économiques d'automne de la Commission européenne. D'un côté, des États membres comme l'Allemagne et ses proches voisins connaissent la croissance économique, de l'autre, des pays périphériques de la zone tels que les fameux « PIGS » (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne) subissent encore la crise et ont adopté des mesures d'austérité drastiques qui pénalisent leur croissance économique. Après avoir répondu avec fermeté à la crise financière, l'Allemagne connaît « une croissance forte de ses exportations qui se propage sur sa demande interne », a expliqué le commissaire. En revanche, certains pays du sud de l'Europe et l'Irlande ont fait face à des difficultés substantielles, a-t-il constaté. « La seule façon de restaurer la confiance » consiste pour les États membres à « consolider les finances publiques et, dans le même temps, poursuivre les réformes structurelles », tout en rééquilibrant la croissance dans l'ensemble de l'UE, a-t-il ajouté.

La reprise économique se confirme. M. Rehn s'est félicité que la reprise économique ait « pris racine ». La Commission européenne a ainsi révisé à la hausse ses prévisions de croissance pour la zone euro. Grâce à la forte augmentation des exportations, la croissance pourrait atteindre 1,7% du PIB en 2010, soit près du double des précédentes prévisions de printemps (0,9%). En 2011, elle ralentirait légèrement pour s'élever à 1,5% du PIB en raison d'une décélération de l'économie mondiale, pour repartir à 1,8% en 2012. « Cette reprise est inégale », a rappelé M. Rehn. À titre, d'exemple, la croissance allemande devrait être de 3,7% en 2010, 2,2% en 2011 et 2% en 2012. L'Espagne sera en récession cette année (-0,2%), croîtra lentement en 2011 (0,7%) et plus vigoureusement en 2012 (1,7%). Après une période de récession en 2010 (-4,2%) et en 2011 (-3%), la Grèce retrouvera le chemin de la croissance en 2012 (1,1%).

Quant au PIB irlandais, il baissera de 0,2% en 2010, puis croîtra de 0,9% en 2011 et de 1,9% en 2012. Avec l'aide financière conditionnée qui lui a été accordée (voir autre nouvelle), cet État membre fait face à « un énorme défi » mais son économie « flexible et ouverte » lui confère la capacité de « rebondir relativement rapidement », a estimé M. Rehn, en constatant que l'Irlande avait enregistré en septembre la plus forte progression dans l'UE en matière de production industrielle.

Dans la zone euro, l'inflation devrait quant à elle atteindre 1,75% en 2010 et 2012.

Déficits publics. La Commission européenne observe par ailleurs que les déficits publics commencent à décliner grâce aux mesures de consolidation budgétaire, à l'ancrage de la reprise économique et à la fin de mesures et à l'achèvement de certaines mesures exceptionnelles adoptées pendant la crise. En moyenne, ces déficits atteindront 4,6% du PIB de la zone euro en 2011, contre 6,3% cette année. La moitié des États membres présenteront en 2010 des déficits inférieurs à ceux de 2009. Mais là encore, les disparités nationales sont fortes.

Pour les déficits publics de l'Espagne et du Portugal, les chiffres de la Commission sont plus pessimistes que ceux avancés par les gouvernements concernés. Selon l'institution européenne, le déficit public du Portugal sera ramené à 4,9% du PIB national en 2011, après avoir atteint 7,3 % cette année. C'est mieux que sa prévision de printemps (7,9% pour 2011), mais plus élevé que les 4,6% de déficit prévus dans le budget du gouvernement portugais. Même constat pour l'Espagne: la Commission estime que le déficit public espagnol tombera à 6,4% du PIB l'an prochain après 9,3% cette année, contre une prévision précédente pour 2011 de 8,8%. Mais le gouvernement socialiste espagnol espère redescendre à 6%.

Interrogé sur ces différences dans les prévisions, M. Rehn a estimé que les variations étaient essentiellement dues aux prévisions de croissance, plus optimistes dans les capitales. Si nécessaire, ces deux pays devront adopter des « mesures additionnelles » d'austérité afin d'atteindre les objectifs de consolidation budgétaire qu'ils se sont fixés. Il a, au passage, salué l'adoption du budget 2011 au Portugal. Et de souligner une fois encore: « Il est essentiel que nous continuions avec la même détermination à assainir les finances publiques et à soutenir la croissance par des politiques volontaristes afin de poser des bases saines à une croissance durable et à l'emploi. Les turbulences sur les marchés des dettes souveraines soulignent la nécessité d'une action politique forte des pouvoirs publics ». (M.B.)

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