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Bulletin Quotidien Europe N° 10266
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/pÊche

Réduction de 5% des prises internationales de thon rouge en 2011

Bruxelles, 29/11/2010 (Agence Europe) - Les ONG crient au scandale, tandis que les pêcheurs se sentent soulagés. La décision la plus marquante de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA), qui a terminé sa réunion samedi 27 novembre, est la réduction de 5% seulement du total admissible de captures (TAC) de thon rouge alloué pour l'année prochaine. Par ailleurs, les 48 parties contractantes de la CICTA ont entériné des mesures pour protéger certains requins (requin-marteau, requin longimane et requin mako). L'UE regrette l'absence de progrès sur la protection de l'espadon et du thon obèse.

Le quota 2011 de pêche au thon rouge alloué pour l'année prochaine est de 12 900 tonnes. Soit 600 tonnes de moins que le quota actuel. Les ONG écologiques réclamaient une réduction drastique du quota à 6 000 tonnes ainsi que l'instauration de sanctuaires dans les zones de reproduction pour le thon rouge, qui migre en Méditerranée et dans le Golfe du Mexique. Elles ne cachent pas leur déception. Ainsi, le WWF parle d'« un échec diplomatique pour la France » et dénonce un manque de transparence. « Aucune mesure concernant la protection des zones de reproduction n'a été adoptée malgré de nouveaux éléments scientifiques allant dans ce sens et les prises de position de certains États et des ONG environnementales », déplore le Fonds mondial pour la nature dans un communiqué. « Une fois de plus, on a refusé au thon rouge la protection dont il avait désespérément besoin », a déploré Sue Liebermann, de l'ONG américaine PEW.

Greenpeace estime de son côté que cette réunion a « conduit le thon rouge dans le couloir de la mort ». Le Japon, qui absorbe 80% des thons rouges pêchés en Méditerranée, avait réclamé des contrôles plus sévères pour enrayer la pêche illégale et le marché noir. Les États-Unis sont également mécontents, car ils ont recommandé une baisse plus importante des limites de captures. En revanche, le ministre français de la Pêche, Bruno Le Maire, s'est « félicité » du résultat qui représente, selon lui, « l'équilibre entre le respect de la ressource et le maintien du tissu socio-économique sur le long terme ». Le quota retenu, « c'est le quota proposé par les scientifiques, donc celui qui permet d'assurer le bon renouvellement de la ressource », a dit à la presse M. Le Maire, lundi 29 novembre.

Pour Maria Damanaki, la commissaire à la Pêche, les résultats de la réunion de la CICTA « représentent un pas dans la bonne direction vers une gestion durable des stocks de thon rouge. C'est important pour les stocks et les eaux de la CICTA, mais aussi pour l'UE et pour la gestion des activités de pêche en général », indique la commissaire dans un communiqué de presse.

La clé de répartition des possibilités de pêche au thon rouge a été légèrement modifiée, à la faveur d'un transfert de quota de l'Algérie à la Libye et à la Turquie. L'UE conserve sa part actuelle du TAC total de thon rouge, soit 56%. Ce qui fait un quota européen de thon rouge de 7224 tonnes pour 2011.

« Dette de thon ». La France est le seul pays européen à avoir reconnu officiellement avoir dépassé son quota de thon rouge en 2007. Elle aurait souhaité un étalement en quatre ans des 3000 tonnes restantes de dette de thon rouge (la France a déjà déduit 1000 tonnes en 2009 et 2010), mais la Commission européenne s'est montrée très stricte. La France devra déduire de son quota 1500 tonnes en 2011 (il ne lui restera que 900 tonnes) et autant en 2012. « La vertu n'est jamais payante. La France est le seul pays en Europe à avoir reconnu en 2007 qu'elle avait fait de la surpêche. Oui, nous avons voulu corriger nos erreurs », a déclaré lundi à la presse Bruno Le Maire. « Il n'aurait pas été absurde d'étaler ce paiement sur plusieurs années. L'impact sur la ressource aurait été nul. En revanche, l'impact sur l'activité des pêcheurs aurait été positif. Je regrette que la Commission européenne ne nous ait pas suivi sur ce point », a expliqué le ministre français. En 2007, les thoniers français avaient dépassé le quota de pêche de 4000 tonnes.

Enfin, la CICTA a adopté une recommandation de l'UE sur la mise en place d'un système électronique de relevé des captures de thon rouge, qui permettra de simplifier les contrôles et la traçabilité.

Requins. Il a été décidé d'interdire les débarquements et la vente du requin-marteau, avec une exception pour le requin-marteau tiburo. Une dérogation est permise aussi dans le cas de pêches côtières artisanales de requin marteau. L'UE n'a pas réussi à imposer une interdiction de pêcher le requin-taupe (porbeagle), à cause de l'opposition du Canada à cette mesure. Il n'y a pas eu d'accord non plus sur l'interdiction de débarquer le requin-renard. La CICTA a décidé d'interdire la pêche du requin longimane (requin océanique). Enfin, des permis de pêche ont été instaurés pour réglementer la pêche au requin mako.

La CICTA a adopté une recommandation sur les tortues de mer (obligation pour les opérateurs de déclarer les interactions avec ces animaux, et mesures pour réduire les captures accidentelles de tortues de mer).

L'UE est très déçue par l'absence d'accord sur des mesures visant à mieux gérer et restreindre la pêche à l'espadon et la pêche au thon obèse. (L.C.)

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