Bruxelles, 12/11/2010 (Agence Europe) - La Turquie a assumé, le mercredi 10 novembre, la présidence semestrielle du Conseil de l'Europe au lendemain de la publication par la Commission européenne d'un rapport mitigé sur l'état des négociations d'adhésion à l'Union (EUROPE n° 10253). La Turquie a pris la présidence tournante succédant à l'ancienne République yougoslave de Macédoine, et elle cédera la présidence le 11 mai 2011 à l'Ukraine dans le cadre d'une rotation qui suit l'ordre alphabétique en anglais des 47 États membres. À l'occasion d'une conférence de presse à Strasbourg, on apprend de sources de l'organisation et par des dépêches d'agences que le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmed Davutoglu, a confirmé les six priorités de la présidence turque: soutenir la réforme du Conseil de l'Europe, gardienne du respect des droits de l'homme en Europe, en encourageant notamment « un plus important engagement politique » de la part des États membres ; réformer la Cour des droits de l'homme en essayant d'améliorer la « qualité et la cohérence de ses jugements », aussi bien que leur réelle mise en oeuvre ; faciliter l'accession de l'UE à la Convention européenne des droits de l'homme ; renforcer les mécanismes de contrôle du Conseil de l'Europe ; soutenir le travail du Groupe de personnes éminentes, guidé par l'ancien ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, qui enquête actuellement sur les causes de l'avancée de l'intolérance et de la discrimination en Europe (et dont la création a été une initiative turque). La Turquie a adhéré au Conseil de l'Europe dès sa création, en 1949 et elle assure pour la 7ème fois la présidence de son Comité des ministres, l'organe exécutif de l'organisation. Ankara a ratifié 98 des 200 conventions du Conseil de l'Europe, dont celle relative aux droits de l'homme en 1954, ainsi que 38 autres qui restent en attente de ratification. La Turquie fait toujours l'objet de milliers de cas devant la Cour des droits de l'homme. C'est actuellement un Turc, Mevlüt Çavusoglu, qui préside l'Assemblée parlementaire (APCE), le « parlement » du Conseil de l'Europe. (Gp)